Gironde : le président de l’Automobile club du Sud-Ouest plaide pour un nouveau circuit

Pour le président, le caractère temporaire du circuit à cet endroit de Mérignac était prévisible. « Le terrain se trouvait déjà dans la zone d’exposition au bruit de l’aéroport. Il n’y avait pas grand-chose autour mais on savait que l’urbanisation gagnerait et qu’elle serait source de tensions. »

Rodéos sauvages

Prudent sur les différents errements de gestion au fil de l’histoire, Claude Expert préfère souligner la nécessité d’un tel équipement dans la région bordelaise. « Beaucoup de passionnés sont des utilisateurs qui viennent rouler. N’oublions pas qu’un des objectifs du circuit était de mettre fin aux rodéos sauvages, place de la Victoire ou à Bordeaux-Lac. La piste a permis de canaliser tout cela. La nature ayant horreur du vide, sa disparition risque fort de faire resurgir les rassemblements, comme cela s’est vu récemment à Agen. »

Des passionnés de sports mécaniques expriment leur colère devant le circuit auto-moto de Mérignac, fermé le 22 mars dernier.

Des passionnés de sports mécaniques expriment leur colère devant le circuit auto-moto de Mérignac, fermé le 22 mars dernier.

O. D.

François Halary, directeur de l’Acso, appuie de son côté sur la dimension économique d’un circuit. « Les professionnels de l’automobile y font régulièrement de l’événementiel : présentations de nouveaux modèles automobiles à des clients, rassemblements de voitures anciennes, manifestations sportives. Des actions de sécurité routière sont menées en direction des administrations, des entreprises… »

Investissement de 20 millions

On l’aura compris, l’Acso appelle de ses vœux la création d’une nouvelle infrastructure en Gironde. Oui, mais où ? « Imaginer un nouveau circuit en agglomération urbaine est aujourd’hui impensable, admet Claude Expert. Regardez celui de Haute-Saintonge (Jean-Pierre Beltoise). Il a beau être en pleine campagne, avec de rares voisins, il n’échappe pas aux contraintes. Que ce soit sur le contrôle des nuisances sonores ou sur les heures de circulation. On a regardé une éventuelle possibilité à Biganos, la porte s’est vite refermée », confie le président du club.

L’équation n’est pas simple compte tenu de l’hostilité ambiante envers les sports mécaniques. Il faut trouver un terrain isolé des habitations et aménageable, accessible par la route, et des acteurs prêts à mettre de l’argent. « Créer un circuit représente un investissement de 20 millions d’euros. Certaines collectivités locales peuvent apporter leur soutien mais cela ne sera pas suffisant. Il faudra nécessairement passer par un financement privé », assure le patron de l’Acso.