Gironde : « La fin du port du masque dans les transports en commun ? C’est un soulagement »

8 heures, Tatiana est étudiante, elle arrive en train de Langon avec sa valise. Elle est au courant et préfère le garder : « C’est l’habitude, et c’est plus ‘‘safe’’ dans les transports en commun avec tout ce monde. » Dans la file d’attente des taxis, peu portent le masque. Un voyageur de commerce en vin porte le FFP2 blanc : « L’habitude, la sécurité », plaide-t-il. Il est embarqué par un chauffeur… masqué. Il y a la règle et puis l’usage. Sur le parvis, les colporteurs de magazines le portent, les agents de propreté SNCF aussi, mais plus les vendeurs de cafés et cannelés.

« Restons prudents »

Les portes du tram C s’ouvrent, la rame est pleine, la tendance s’est inversée, les passagers masqués ne sont plus majoritaires. 10 % environ. Les autocollants « port du masque obligatoire » n’ont pas été enlevés, la masse compacte des travailleurs s’extirpe, piétine des petits pas jaunes à moitié effacés. Qui s’arrête encore sur ces vieux marquages de distanciation sociale ? Colette, retraitée, sort et part visiter sa fille à Arcachon, elle compte garder son FFP2 le reste du voyage en train. « La fin du port du masque ? Oui, je sais. Mais je vais le garder, par sécurité, je n’ai pas eu le Covid. Restons prudents. »

« Oui, je sais. Mais je vais le garder, par sécurité, je n’ai pas eu le Covid »

Il est vrai que les scientifiques appellent à la prudence et que le port du masque reste recommandé. Mais la mesure est active depuis l’annonce du ministre de la Santé Olivier Véran le 11 mai, s’appuyant sur la baisse des contaminations et des hospitalisations. En Nouvelle-Aquitaine, le dernier point de Santé publique France, daté du 12 mai, précise : « L’amélioration de la situation épidémiologique se poursuit dans la région mais les indicateurs virologiques et hospitaliers restent élevés. » Le taux d’incidence était de 312 pour 100 000 habitants, les nouvelles hospitalisations en baisse, 361 contre 478 la semaine précédente.

Pile deux ans

Deux ans avant, le 11 mai 2020, il faut se souvenir que le Premier ministre annonçait la levée partielle du confinement du 17 mars, et la fin de l’attestation obligatoire pour se déplacer, sauf à plus de 100 km. Dans la foulée, Edouard Philippe annonçait le port du masque obligatoire dans les transports en commun qui se déconfinaient dans le même temps et accéléraient leur fréquence.

Sur les quais de la gare Saint-Jean, le masque a également pratiquement disparu.

Sur les quais de la gare Saint-Jean, le masque a également pratiquement disparu.

Laurent Theillet/ « Sud Ouest »