Gironde : face à l’augmentation des prix, avez-vous changé vos habitudes ?

Ce mercredi après-midi devant l’Intermarché de La Teste-de-Buch, le soleil écrase le parking. Des gens sortent de l’hypermarché derrière leur chariot. Marie-Claude et Christian passent leur vie entre Marmande et le Bassin. Ils voient bien la différence : « Y a pas photo ! Bien sûr que les prix augmentent !Il y a 3-4 ans, on remplissait le chariot avec 100 euros et aujourd’hui, c’est 150 ! Regardez là, le vinaigre balsamique, et encore, pas le haut de gamme, plus de 3 euros ! Avant, je faisais le marché pour 50 euros, même avec de la viande, aujourd’hui, pour le même prix, il…

Ce mercredi après-midi devant l’Intermarché de La Teste-de-Buch, le soleil écrase le parking. Des gens sortent de l’hypermarché derrière leur chariot. Marie-Claude et Christian passent leur vie entre Marmande et le Bassin. Ils voient bien la différence : « Y a pas photo ! Bien sûr que les prix augmentent ! Il y a 3-4 ans, on remplissait le chariot avec 100 euros et aujourd’hui, c’est 150 ! Regardez là, le vinaigre balsamique, et encore, pas le haut de gamme, plus de 3 euros ! Avant, je faisais le marché pour 50 euros, même avec de la viande, aujourd’hui, pour le même prix, il n’y a que les légumes et les fruits. L’alimentaire a vraiment augmenté. » Ils étaient bouchers avant la retraite. « La grosse augmentation a eu lieu avec l’euro, d’un coup. Et ensuite, oui aujourd’hui. On fait autrement, on cuisine beaucoup, ça coûte moins cher. »

Plus loin, deux dames discutent. Des prix justement ! « C’est évident que les prix ont augmenté, on en a de moins en moins dans le chariot. »

Devant l’Intermarché de La Teste-de-Buch, comme devant tous les magasins d’alimentation de France, les consommateurs constatent l’augmentation des prix.

Devant l’Intermarché de La Teste-de-Buch, comme devant tous les magasins d’alimentation de France, les consommateurs constatent l’augmentation des prix.

David Patsouris

Eux sont du Havre. Ils sont en vacances sur le Bassin. Et ils sont sûrs que tout a augmenté : « Aujourd’hui, pour 100 euros, on a l’impression de n’avoir presque rien acheté. Après, on n’a pas le choix, il faut bien passer à la caisse pour manger. Alors évidemment, on regarde les prix, les promotions, alors qu’avant, non, on ne les regardait pas. Regardez aujourd’hui, le melon d’Espagne à 2 euros pièce, on ne l’a pas pris. » En même temps, ils n’ont pas le sentiment d’avoir vraiment changé leurs habitudes de consommation. Devant les rayons, rien n’interdit d’être en contradiction…

Le prix des œufs a flambé : +13 % entre février et mars 2022.

Le prix des œufs a flambé : +13 % entre février et mars 2022.

Thierry David/ « SUD OUEST »

2 À Bordeaux : « Les prix ont sacrément augmenté »

Une supérette Vival de la rue Fondaudège, en plein centre de Bordeaux. On ne vient pas ici pour les prix, qui sont en général plus élevés qu’ailleurs, mais pour le côté pratique : l’établissement est ouvert 7 jours sur 7, de 9 à 22 heures. « Pendant la pandémie, qu’est-ce que j’ai vendu comme masques ! » raconte Ben Mhenni, le gérant de cette franchise du groupe Casino. La station de tram est juste en face, ce Vival est une aubaine pour qui a oublié son masque, son pain ou sa bouteille pour aller dîner. Ici, les prix n’ont pas connu d’envolée depuis le mois d’avril, hormis certains produits, comme l’huile de tournesol, passée de 2,95 € à 3,95 € en deux mois.

Malgré cela, les clients ont quand même l’impression que tout est devenu plus cher. « Ils font plus attention qu’avant, ils prennent juste le nécessaire », ajoute M. Mhenni. « Je trouve que les prix ont sacrément augmenté, affirme Prisca Gerbaud, une habituée du quartier. Peut-être moins dans ce magasin que dans les autres, ici c’est plutôt pour dépanner. Ailleurs, dès qu’on achète trois trucs c’est hors de prix. J’ai pris quelques courses chez Lidl ce week-end, une salade, trois nectarines, des choses diverses, vite fait on est à 60 euros ! Le lait à Monoprix, en une semaine, il a pris 30 centimes. » Selon cette cliente, la hausse des prix est antérieure à la guerre en Ukraine : « Cela remonte au Covid je crois. Mais je n’ai pas changé ma façon de faire mes courses, j’ai pas envie de me prendre la tête. Cela viendra : j’ai pris un quart de pastèque, peut-être qu’en temps normal j’aurais pris une entière ! »

Même à la supérette Vival, où on est conscient que les prix sont toujours plus élevés qu’ailleurs, on constate une augmentation.

Même à la supérette Vival, où on est conscient que les prix sont toujours plus élevés qu’ailleurs, on constate une augmentation.

Denis Lherm

3 À Langon : « Je viens faire les courses le soir pour les promotions »

Le beurre, les céréales, le sucre, la viande, etc. L’augmentation des prix n’est pas spectaculaire au Lidl de Langon ces deux derniers mois. Mais le discounter n’échappe pas à la règle. « Le Caddie est de plus en plus cher. Ou de moins en moins lourd, c’est selon », confirme Sophie, habitante de Cazalis, qui alterne entre le Lidl de Langon, le Leclerc voisin et le Super U de Bazas. « Les prix augmentent un peu moins vite au Lidl, mais tout est quand même plus cher. Surtout au rayon viande. » Sa parade : ne plus prendre sa voiture uniquement pour faire ses courses. « Je fais ça les jours de boulot. Cela évite de consommer du carburant. Car ça aussi, ça augmente. »

Isabelle habite à Pujols-sur-Ciron. Cette mère de famille fait le même constat : « Aujourd’hui (17 mai, NDLR), le beurre est passé au-dessus des deux euros. » Pour ne pas trop subir l’inflation, elle guette les étiquettes orange collées sur les produits alimentaires bientôt sortis des rayons. « J’ai deux grands congélateurs à la maison. Je les remplis de produits en promotion. » Marie-Annick, autre cliente, a ausculté récemment ses tickets de caisse : « Mon Caddie rempli coûte environ 20 euros de plus que l’année dernière. La plus forte augmentation concerne la viande rouge à mon avis. »

L’inflation, c’est comme la marée sur la Garonne. Elle est ressentie jusqu’à Langon.

L’inflation, c’est comme la marée sur la Garonne. Elle est ressentie jusqu’à Langon.

Arnaud Dejeans