Gironde : face à la guerre en Ukraine, le monde économique est « en alerte maximum »

Au Palais de la Bourse, sur lequel flotte un drapeau ukrainien en guise de soutien, la CCI s’est placée en « alerte maximum », des permanents sont mobilisés pour répondre au quotidien aux questions des intervenants du monde économique (1).

« Un mur devant nous »

La chambre consulaire a réalisé une enquête du 10 au 16 mars auprès d’un panel de 176 chefs d’entreprise girondins afin de mesurer l’impact de la guerre dans le département. Alors que la part des sociétés ayant des relations commerciales directes avec l’Ukraine ou la Russie semble relative (9 %), 40 % des patrons interrogés ont ressenti des effets immédiats, « par ricochet ». 59 % des entreprises affrontent déjà des difficultés d’approvisionnement, 29 % sont touchées par la hausse du coût des matières premières ou de l’énergie pour 6 % d’entre elles.

Les effets du conflit sur les entreprises girondines.

Les effets du conflit sur les entreprises girondines.

Infographie « Sud Ouest »

« Cela va très très vite, explique Patrick Seguin. Nous avons une sorte de mur devant nous […]. Le gouvernement souhaite réagir rapidement, au cas par cas. Notre travail va consister notamment à lui faire remonter les problématiques entreprise par entreprise, métier par métier. »

Parmi les contrecoups de la guerre en Ukraine, la CCI observe aussi l’arrêt ou le report d’un certain nombre de dossiers, prévoyant la création d’une filiale ou une reprise d’entreprise.

Notre travail va consister notamment à faire remonter les problématiques entreprise par entreprise, métier par métier »

Le contexte freine les ambitions entrepreneuriales. « On voit des conséquences que l’on n’imaginait même pas, reprend le patron de la CCI. Des sociétés se retrouvent touchées car leurs produits ou matières premières venaient uniquement de ces pays-là, à l’instar du titane par exemple. Pour l’instant, elles tiennent sur leurs stocks. Dans l’aéronautique par exemple, il est possible que les répercussions soient assez importantes sur des programmes de constructions d’avions civils ou militaires. Il va falloir trouver des produits de substitution mais, auparavant, il sera impératif de les tester et les agréer. Cela va prendre du temps. »

(1) Permanence au 05 56 79 50 00. Informations également sur www.bordeauxgironde.cci.fr ou les réseaux sociaux.