Gironde : cherche tonnelier, tractoriste et viticulteur, filières qui peinent à recruter

« Quand on fait un conseil de classe, il y a la moitié des tonnelleries du département qui sont représentées, ainsi que la fédération. C’est un petit monde dans lequel les professionnels sont très impliqués, avec des chefs d’entreprise qui donnent de leur temps pour transmettre leur passion », poursuit Luc Diaz, le directeur adjoint de l’Eplefpa.

À la clé, une formation qui colle au plus près des besoins et des emplois assurés dans une filière nationale prestigieuse : 70 tonnelleries, dont 14 en Gironde, des chiffres d’affaires phénoménaux, 90 % de la production exportée, un savoir-faire et une matière première reconnus à l’international.

La formation de tonnelier dure deux ans à l’issue desquels chaque élève saura fabriquer une barrique seul, de A à Z.

La formation de tonnelier dure deux ans à l’issue desquels chaque élève saura fabriquer une barrique seul, de A à Z.

Stéphane Lartigue/ « SUD OUEST »

Pourtant, « les tonneliers passent des annonces et nous peinons à remplir le CAP, l’unique cursus. » En cause, un manque de visibilité selon le directeur de l’établissement. Ceux qui l’intègrent proviennent d’horizons divers, comme Mathieu, 30 ans, ancien caviste, titulaire d’un BTS en quête d’un métier plus manuel. À côté de lui Noa, 15 ans, tout aussi convaincu de son orientation.

De nombreux professionnels du département donnent de leur temps pour assurer une formation au plus près des besoins. Ici, Denis Morlier suit les gestes de Noa.

De nombreux professionnels du département donnent de leur temps pour assurer une formation au plus près des besoins. Ici, Denis Morlier suit les gestes de Noa.

Stéphane Lartigue/ « SUD OUEST »

« Image dégradée »

« Le plus inquiétant, c’est le manque d’ouvriers viticoles. Nous n’avons aucune difficulté à remplir le BTS qui mène aux métiers d’encadrement, mais c’est très compliqué en Bac pro et CAP, niveaux de qualification plus bas. La profession pâtit d’une image dégradée », estime Luc Diaz. Au point que la filière craint un vrai problème de renouvellement. « Aujourd’hui les jeunes qui cherchent un métier d’extérieur en lien avec le végétal s’orientent davantage vers l’aménagement paysager qui ouvre plus d’évolutions de carrière. Mais travailler dans un château viticole c’est passionnant et des évolutions demeurent possibles. »

La tonnellerie n’est pas réservée aux garçons. Parmi les élèves de l’an dernier, deux filles ont obtenu les meilleurs résultats et ont été médaillées au concours des Meilleures apprentis de France.

La tonnellerie n’est pas réservée aux garçons. Parmi les élèves de l’an dernier, deux filles ont obtenu les meilleurs résultats et ont été médaillées au concours des Meilleures apprentis de France.

Stéphane Lartigue/ « SUD OUEST »

Même déficit chez les conducteurs d’engins, devenus la perle rare que les châteaux s’arrachent. « Avec l’arrêt du glyphosate, les passages sont plus fréquents. Toutes les exploitations cherchent des tractoristes », confirme Luc Diaz.

« Nous sommes obligés de nous fâcher contre le démarchage des tractoristes avant la fin de la formation »

L’école Agri cap conduite de l’Eplefpa dispose d’une des seules pistes de tractoriste avec la spécialité viticole. Un gage de qualité manifestement. « Nous sommes obligés de nous fâcher contre le démarchage des élèves par les professionnels avant même la fin de leur formation. Nous voulons qu’ils sortent diplômés ! »

L’un des défis de la formation de tonnelier réside dans la réparation. Aucune machine n’en est capable alors que les enjeux de la réutilisation et de la durabilité sont majeurs.

L’un des défis de la formation de tonnelier réside dans la réparation. Aucune machine n’en est capable alors que les enjeux de la réutilisation et de la durabilité sont majeurs.

Stéphane Lartigue/SUD OUEST

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