Gironde : ces cadres ukrainiennes apprennent le français pour travailler en France au plus vite

« Malheureusement on ne peut pas aider notre…

« Malheureusement on ne peut pas aider notre pays. Alors on veut au moins être utiles en France, et pour cela il faut apprendre le français très vite », raconte Alona, 43 ans, directrice marketing. Bien sûr elles rêvent de pouvoir de nouveau exercer leur profession, mais sont conscientes du travail encore nécessaire. « Certains métiers ont un vocabulaire spécifique », estime Helena, urologue.

En attendant elles sont prêtes à exercer d’autres postes, notamment dans la restauration ou l’aide à la personne comme Helena qui cherche un emploi en soirée ou de nuit avec des personnes âgées, pour continuer ses cours de français en journée. En plus des cours gratuits, elle suit une formation intensive, toujours à l’Alliance française. Ala, comme d’autres, s’est inscrite à Pôle emploi.

Ancienne directrice de l’Alliance française à Zaporijia

Au tableau, Nadia Goltvyanytsya est une enseignante de choix. Elle a quitté sa terre au début de la guerre avec ses deux enfants. Titulaire d’un doctorat, maître de conférences, directrice de l’Alliance française à Zaporijia (1), elle a logiquement proposé ses services à l’antenne de Bordeaux. « Évidemment on a tout de suite accepté, raconte le président de l’établissement Jacques Delmoly. Nous venions de proposer un partenariat à Médecins du monde, spécialisés dans l’accueil de réfugiés. La première étape importante c’est apprendre le français, notre cœur de métier. Nous avons conçu des cours suffisamment intenses mais compatibles avec les vies de mères, quatre heures par semaine. »

Nadia, l’enseignante, a elle-même fui son pays avec ses deux enfants. Elle était la directrice d’une des six antennes de l’Alliance française en Ukraine, à Zaporijia.

Nadia, l’enseignante, a elle-même fui son pays avec ses deux enfants. Elle était la directrice d’une des six antennes de l’Alliance française en Ukraine, à Zaporijia.

Guillaume Bonnaud / « SUD OUEST »

Censés durer un mois, les cours sont prolongés d’autant, grâce à un financement du ministère de la Culture. De quoi permettre au groupe « très motivé » selon leur enseignante, de poursuivre ses efforts. « Je leur apprends surtout la construction des phrases en français, très différente de l’ukrainien qui a des déclinaisons. Le vocabulaire, lui, vient tout seul. »

Cherche familles d’accueil

L’Alliance française à Bordeaux forme 2 000 personnes chaque année, 3 000 avec les étudiants étrangers de Kedge. Jeunes, retraités, diplomates, issus de 116 nationalités, tous ont à cœur d’apprendre notre langue, en général pour des cours de trois semaines à deux mois.
Beaucoup cherchent une immersion. L’Alliance française leur propose des familles d’accueil pour des demi-pensions (petit-déjeuner et dîner), moyennant 30 euros par jour. Elle en comptait environ 200 avant le Covid, seulement la moitié désormais. À l’approche de l’été et d’une vague de nouveaux élèves, elle lance un appel aux volontaires qui résident dans un rayon de 30 minutes de la ville en transports en commun.
Contact : Cécile Delaunay, af@alliance-bordeaux.org