Gironde : à Beychac-Caillau, Activ’Inside a capturé la molécule de safran qui agit sur le stress

Procédé novateur d’encapsulation

Créée en 2009, cette société a fait de la production d’actifs végétaux, à partir d’ingrédients naturels et à destination de la fabrication par des laboratoires de compléments alimentaires, son cœur d’activité. Elle a commencé par s’intéresser au raisin et à ses polyphénols, actifs sur la mémoire et les performances cognitives. Elle a ensuite concentré une partie de ses recherches sur le safran.

« Depuis des siècles, il y a des plantes comme le safran qui sont connues pour avoir des effets sur le stress. Et le stress a été déclaré dès 2016 par l’OMS comme le mal du XXIe siècle. Nous nous y sommes intéressés dès 2012. La méthode d’Activ’Inside est de comprendre, en s’appuyant sur des études scientifiques déjà publiées et en partenariat avec des universités, lesdits effets de la plante. Nous mettons ensuite notre science et nos technologies à l’épreuve. Ici, il s’agissait de mettre au point un procédé unique et novateur d’extraction et d’encapsulation, afin d’obtenir un extrait de safran avec des concentrations optimales en bioactifs notamment en safranal… Le safran étant très volatil, il fallait l’encapsuler dans une matrice qui puisse également le protéger de la chaleur et d’une éventuelle évaporation. Nous avons opté pour l’amidon de riz. Comme un grain de riz dans une paella… »

Une fois, les mécanismes scientifiques démontrés et établis, Activ’Inside a développé des méthodes analytiques pour les étayer, avant de soumettre le produit obtenu aux études cliniques, dans les mêmes conditions et avec la même rigueur qu’en pharmacologie. « Nous avons croisé la démarche scientifique avec le ressenti des consommateurs et les effets ressentis peuvent être sous quelques heures à quelques jours », poursuit le dirigeant.

Le safranal va stimuler l’organisme pour qu’il produise de la sérotonine, un neurotransmetteur, appelée aussi hormone du bonheur

Et si on revenait sur le safranal ? « Le safranal va stimuler l’organisme pour qu’il produise de la sérotonine, un neurotransmetteur, appelée aussi hormone du bonheur. Il va également avoir un effet plus global, tempérant la production de dopamine et permettant ainsi une stabilité de l’humeur. De par cette action globale sur les deux types de neurotransmetteurs, il n’y a pas d’effet secondaire. Autrement dit, le safranal se contente de donner à notre organisme la capacité de produire ce dont il a besoin », ajoute Benoît Lemaire.

David Gaudout et Benoît Lemaire, cofondateurs d’Activ’Inside, et respectivement directeur de recherche et directeur général.

David Gaudout et Benoît Lemaire, cofondateurs d’Activ’Inside, et respectivement directeur de recherche et directeur général.

Stéphane Lartigue/ « SUD OUEST »

Une unité d’extraction à Cestas

Activ’Inside fait valoir que le safran qu’il utilise est « un des plus qualitatifs du marché » avec une concentration en safranal « dix fois supérieure à celle de ses concurrents ». Une chose est sûre, c’est que la plante est garantie sans OGM, à 100 % en provenance d’Iran et plus précisément à 100 % issue d’un petit village montagneux où le système d’irrigation adopté est la rosée et où la qualité du safran, sous AOP, est considérée comme l’un des plus pures.

Le safran utilisé provient à 100 % d’Iran. Trois à cinq kilos de safran sont nécessaires pour un kilo d’extrait. Et 200 000 fleurs sont nécessaires pour obtenir un kilo de safran, autrement dit un kilo de pistils.

Le safran utilisé provient à 100 % d’Iran. Trois à cinq kilos de safran sont nécessaires pour un kilo d’extrait. Et 200 000 fleurs sont nécessaires pour obtenir un kilo de safran, autrement dit un kilo de pistils.

Stéphane Lartigue/ « SUD OUEST »

Et la société girondine ne s’arrête pas là. Elle se lance dans les nutricosmétiques, autrement dit dans des micronutriments actifs sur la peau. Dans quelques jours, elle va présenter à Vitafood, le plus important salon mondial de nutraceutiques (contraction de nutrition et pharmaceutiques) à Genève, sa dernière création : « Bilight ». « Une poudre à partir d’extraits raisins et de réglisse qui va agir sur les taches de sénescence, taches de vieillissement. Là, contrairement au safranal qui va stimuler la production de sérotonine, on va tenter d’inhiber l’enzyme, la tyrosinase, qui avec l’âge augmente sa présence dans l’organisme. L’action se veut équilibrante encore une fois », précise David Gaudout, directeur de recherche et innovation à Activ’Inside.