Gironde : 20 % de la ville de Bègles basculera en zone bleue

Infographie « Sud Ouest »

« À la bonne heure ! », souffle une dame au premier rang. Où l’on redécouvre les charmes et rudesses des réunions publiques, après deux ans de visioconférences… Ringarde, la zone bleue ? Le bon vieux disque placé sous le pare-brise a beau renvoyer au siècle dernier, le dispositif, éprouvé depuis 2018 dans les rues d’échoppes, aurait fait ses preuves. À l’époque, plusieurs pétitions avaient fleuri contre les reports de stationnement de Bordeaux et Talence, qui avaient basculé sur un modèle payant, dans Bègles.

Vertus

Poussée démographique et comportements abusifs, à l’exemple de ces automobilistes qui se garent « le long de la voie du tram et prennent le train pour la semaine » participeraient de l’extension conséquente de la zone bleue : « On est bien conscient que peu à peu, sur Bègles, la situation se tend. On arrive à saturation du stationnement automobile », convient le Clément Rossignol Puech. Il s’agit aussi d’anticiper la bascule du stationnement payant sur les boulevards « fin 2023 », ajoute Pierre Ouallet, adjoint à la transition écologique : « On sera entouré de stationnement payant. On ne le reproche pas à Bordeaux, c’est d’ailleurs étonnant qu’ils ne l’aient pas fait plus tôt, mais il faut qu’on réagisse avant. »

« On est bien conscient que, peu à peu, sur Bègles, la situation se tend. On arrive à saturation du stationnement automobile »

« Stationnement facilité », « apaisement des tensions », « meilleure rotation des véhicules, notamment pour l’accès aux commerces », « reports modaux » : la zone bleue ne manque pas de vertus, énumérées lors de la réunion publique. Mais il y a un premier écueil : le traçage des places de stationnement en bonne et due forme, à l’opposé des libertés prises par certains, notamment à l’angle des rues, quitte à empêcher le camion-poubelle de tourner – un classique. « On ne peut pas mettre autant de voitures demain qu’aujourd’hui », prévient Pierre Ouallet.

Voitures-ventouses

L’adjoint se veut toutefois rassurant : « On est à – 10 à – 15 % de places de stationnement, mais avec la disparition des voitures-ventouses, normalement, ça s’équilibre. » Première à intervenir, une habitante de la rue Carnot craint que celle-ci ne devienne le dépotoir de la zone bleue, car située… à la limite du périmètre. « Et c’est déjà la rue de la piscine », fait-elle remarquer, versant à son argumentaire la menace d’un projet de résidence immobilière. « Pour ceux qui habitent juste à côté, ça va être compliqué. Votre situation va se dégrader en termes de stationnement », reconnaît Clément Rossignol Puech.

La solution eut été de basculer l’intégralité de Bègles en zone bleue. Mais, avec quatre policiers municipaux et autant d’agents de surveillance de la voie publique (ASVP), « on ne sera pas en mesure d’augmenter la voilure sur ce service », défend le maire, avant de se lancer dans une longue explication sur les budgets contraints des collectivités et le choix de ne pas augmenter les impôts. « On n’est pas là pour les impôts, on est là pour la zone bleue », gronde un riverain. Si une telle mesure, à l’échelle de la ville, devait s’imposer, la seule piste serait celle du stationnement payant, à condition que celui-ci se fonde sur des critères sociaux, plaide Clément Rossignol Puech. En toute hypothèse. « On ne travaille pas dessus. »