Genevos, moteur de la filière hydrogène à La Rochelle

Basée dans la zone Atlantec à Lagord, celle-ci sera, avec la Semat, le…

Basée dans la zone Atlantec à Lagord, celle-ci sera, avec la Semat, le constructeur de bennes à ordures à Port-Neuf, l’une des deux représentantes de la région Nouvelle-Aquitaine au salon Hyvolution, les 11 et 12 mai à Paris, qui met en lumière la filière hydrogène. Une belle vitrine pour une petite entreprise qui porte de grands espoirs. À terme, son module pourrait remplacer les moteurs thermiques des bateaux, du petit voilier à l’imposant ferry, convertissant l’hydrogène en électricité. « Un litre d’hydrogène produit trois fois plus d’énergie qu’un litre de gazole, précise Phil Sharp, pour un rendement deux fois plus important. »

Ingénieur en mécanique, spécialisé dans les matériaux composites et les énergies vertes, le citoyen anglo-normand s’est fait un nom dans la course au large à la voile. Vainqueur de la Mini-Transat en 2005, de la Route du rhum sur Class 40 en 2006, il est à l’origine du projet Oceans Lab, un 40 pieds innovant, proposant un couple moteur électrique – pile à hydrogène.

Phil Sharp sur son 40 pieds Oceans Lab, au Grand Pavois de La Rochelle en 2019.

Phil Sharp sur son 40 pieds Oceans Lab, au Grand Pavois de La Rochelle en 2019.

JEAN-CHRISTOPHE SOUNALET/ARCHIVES « SUD OUEST »

Alors qu’il se projetait sur un prototype de 60 pieds sur le même principe, le navigateur a revu ses ambitions. « Rapidement, je me suis focalisé sur l’intégration d’un système d’énergie propre pour tous types de bateaux. On a fait des études de faisabilité avec l’Imperial College de Londres. L’EIGSI [l’école d’ingénieurs de La Rochelle] nous a accueillis. Après la création de Genevos en 2018, on a sorti un prototype en 2020 et un premier produit en 2021. »

Une station hydrogène à Chef-de-Baie

Ce produit a la forme d’une grande malle, longue d’un mètre environ. L’hydrogène comprimé à 350 bars y est converti en force électrique. Les modules Hydrogen Power Modules (HPM) de Genevos seront disponibles en packs de 15 kilowatts, 30 kW et 40 kW, qui peuvent s’additionner. Pour donner un ordre d’idée, un voilier peut se contenter de 15 kW pour rentrer au port, une navette électrique fluviale ou maritime « tourne » avec 200 kW, un bateau de service nécessite un mégawatt.

« Un module de 90 kg, c’est l’équivalent d’un groupe électrogène de 300 kg, remarque Phil Sharp. Les HPM sont conçus sur le principe du ‘plug and play’ [brancher et utiliser], livrés clé en main, pratique à installer dans n’importe quel chantier. »

Le module HPM de 15 kilowatts, conçu par Genevos pour être facile à installer « dans n’importe quel chantier ».

Le module HPM de 15 kilowatts, conçu par Genevos pour être facile à installer « dans n’importe quel chantier ».

ROMUALD AUGE

Encore en phase de tests, Genevos a néanmoins été retenu pour fournir cet été un moteur auxiliaire à zéro émission à bord d’un ferry qui effectue des liaisons dans l’archipel des Orcades, en Écosse. La société est également en relation avec un groupe rochelais spécialisé dans les croisières et les liaisons maritimes. Elle souhaite installer, « au début de l’année prochaine », une station à hydrogène au port de pêche de Chef-de-Baie, un « point d’accès pour démarrer les usages » et faire la démonstration en grandeur nature de l’efficacité de cette nouvelle énergie.