Gel en Dordogne : jusqu’à -5 °C en Bergeracois, inquiétude pour la vigne et les fruitiers

Les vignes ce dimanche matin au lever du jour.

Les vignes ce dimanche matin au lever du jour.

Eric Chadourne

Viticulteur à Creysse (AOC Pécharmant), le président de la fédération des vins de Bergerac et Duras, Eric Chadourne, a passé la nuit dehors avec sa famille. Ils ont décidé de brûler des bottes de foin dans les vignes pour essayer de limiter la baisse de température. Ils ont aussi mis en route leur tour antigel pour gagner quelques degrés.

Pas de tour antigel

Mais si ces dispositifs s’avèrent efficaces par -2 °C, leur effet est beaucoup plus incertain au-delà. Or entre 2 et 6 heures du matin, la température a stagné entre -3 °C et -5 °C. « Au bout d’un moment on peut faire ce que l’on veut, on ne peut pas lutter contre la nature », lâche, fataliste, le viticulteur. « On verra en début d’après-midi si les bourgeons ont été brûlés. »

Dans les vignes, les bottes finissent de se consumer à côté de la tonne à eau qui a servi à les arroser pour créer un brouillard artificiel. Toute proche, une plateforme attend toujours d’accueillir la tour antigel qui devait arriver en décembre. Elle est encore en transit, sur un cargo, entre la côte ouest des Etats-Unis et Le Havre, comme les trente autres commandées en 2021.

« Il faudra attendre la semaine prochaine pour évaluer les dégâts »

Dans les vignes du lycée agricole de La Brie, à Monbazillac, on attend aussi les éoliennes. Jean-Paul Darignac, responsable logistique au lycée, est venu jeter un coup d’œil, ce matin. « Ça a l’air d’être passé mais difficile de savoir, il est encore trop tôt, dit-il. La seule chance que l’on ait par rapport à l’an dernier c’est qu’il a gelé plus tôt ». Certaines feuilles sont encore bien à l’abri dans leur bourgeon.

Inquiétude sur les fruitiers

Sur beaucoup d’arbres fruitiers déjà en fleurs, en revanche, le gel n’a pas fait de cadeaux. Dimanche, on pouvait déjà voir des fleurs brûlées par le gel sur les pruniers, parmi les essences à la floraison la plus précoce. Pour les pruniculteurs, ce sera la deuxième année consécutive, après une récolte 2021 amputée des deux tiers à cause du gel.

À Saint-Seurin-de-Prats (24) où il a fait -4,9°, ce pomiculteur a eu recours à l’aspersion pour protéger les fleurs dans une gangue de glace.

À Saint-Seurin-de-Prats (24) où il a fait -4,9°, ce pomiculteur a eu recours à l’aspersion pour protéger les fleurs dans une gangue de glace.

Valéry Hoang-Cong

Dans les vergers de l’entreprise Castang, qui exploite quelque 380 hectares, principalement en pommiers mais aussi quelques poiriers et kiwis, on est aussi inquiets. « Il faudra attendre la semaine prochaine pour évaluer les dégâts », explique le directeur d’exploitation, Jean Champeix qui précise que « certaines variétés de pommiers sont plus avancées et sont déjà en fleur ».