Gaz vert : la Région fait le vœu de 100 % en 2050, les méthaniseurs sont mis à contribution

L’unité de méthanisation BioGasconha a été lancée en 2019, soit quatre ans après BioVilleneuvois, la première du genre pensée par Fonroche à Villeneuve-sur-Lot (47) et avant la mise en fonction de BioBéarn, en construction à Mourenx (64). À l’origine de cette implantation landaise, une demande de Soleal, usine de légumes surgelés Bonduelle, installée à 15 km, à Labenne, en quête d’une solution pour ses déchets organiques : 30 000 tonnes de broyat de maïs ainsi que ces liquides issus des jus de légumes et des effluents de boue. « Avec l’apport de Soleal, nous atteignons les 36 000 tonnes de déchets organiques d’origine végétale annuels. Déchets directement intégrés dans nos deux digesteurs du site, d’une capacité individuelle de 16 000 m³, soit l’équivalent d’une piscine olympique », souligne Omar Boufares, responsable d’exploitation du site.

Les déchets d’origine végétale sont directement versés dans le digesteur.

Les déchets d’origine végétale sont directement versés dans le digesteur.

Thibault Toulemonde/ » SUD OUEST »

Dispositif d’hygiénisation

Une « manne » végétale qui représente 40 % des apports nourrissant le méthaniseur. « Les 60 % restant sont des sous-produits animaux (viscères, panses) venant d’abattoirs voisins, et des fientes de volailles et du lisier, provenant de quelque 60 exploitations agricoles à moins de 30 km. Des ressources qui vont subir une hygiénisation avant d’intégrer le digesteur : une pasteurisation à 70 °C pendant une heure et ce, afin d’anéantir toutes les bactéries et virus et offrir ainsi un digestat parfaitement sécurisé », poursuit le responsable. D’ailleurs, en cette période de retour de l’influenza aviaire dans les Pays de Loire, BioGasconha a été sollicitée pour traiter les fientes de volailles contaminées en provenance de Vendée. « Nous avons un agrément pour ça, grâce à notre process d’hygiénisation », précise Romain Batteux, directeur du développement de TotalEnergies Biogaz France.

Une fois la matière organique animale broyée puis pasteurisée, elle rejoint les déchets d’origine végétale dans le digesteur pour quarante jours de pause, en absence totale d’oxygène. De cette fermentation sortent du biogaz (60 % de CH4 et 40 % de CO2) et du digestat. « Le biogaz produit (65 à 80 GWh par an) va être épuré pour atteindre 94 % de CH4. Il est ensuite injecté dans le réseau GRDF », explique Romain Batteux. Parallèlement, une partie des 85 000 m³ de digestat annuel offre aux agriculteurs de la coopérative Lur Berri une alternative naturelle aux engrais chimiques, au rendement plus élevé que ceux-ci. Le reste est adossé à un plan d’épandage sur 80 communes voisines.

Le site compte deux digesteurs de 1 6 000 m³ soit l’équivalent de deux piscines olympiques.

Le site compte deux digesteurs de 1 6 000 m³ soit l’équivalent de deux piscines olympiques.

Thibault Toulemonde/»SUD OUEST »

Accélérer le mouvement

Avec BioVilleneuvois et BioGasconha, TotalEnergies Biogaz France annonce avoir traité sur la Nouvelle-Aquitaine 600 000 tonnes d’intrants et injecté 430 000 MWh de biométhane, soit l’équivalent de la consommation de gaz de 150 000 habitants, permettant d’éviter 90 000 tonnes de CO2 et 21 250 tonnes d’engrais chimiques. Avec BioBéarn, d’ici fin 2022, ce sont 69 GWh de biogaz supplémentaires annuels qui vont être injectés dans le réseau régional. Selon GRDF, à l’échelle des Landes, le gaz vert représente 12 % du gaz consommé, à l’échelle régionale, on atteint 4 %, quand l’ambition d’Alain Rousset est de 30 % d’ici 2030.