Gare LGV à Brax (Lot-et-Garonne) : « Nous sommes dans l’œil du cyclone », dit le maire de la commune

Vous êtes le maire de Brax, une commune qui va voir la construction de la gare LGV. Qu’est-ce que cela vous évoque ?

C’est d’abord une chance en termes de développement puisqu’il va y avoir forcément une dynamique qui va s’engager. Cependant, tout va dépendre des horaires : avoir une gare c’est bien beau, mais si les horaires proposés sont 10 heures pour le premier train et 16 heures pour le dernier, cela ne servira à rien. Je suis un fervent défenseur de la gare LGV, mais il faudra des trains qui collent aux besoins des usagers locaux…

Vous êtes le maire de Brax, une commune qui va voir la construction de la gare LGV. Qu’est-ce que cela vous évoque ?

C’est d’abord une chance en termes de développement puisqu’il va y avoir forcément une dynamique qui va s’engager. Cependant, tout va dépendre des horaires : avoir une gare c’est bien beau, mais si les horaires proposés sont 10 heures pour le premier train et 16 heures pour le dernier, cela ne servira à rien. Je suis un fervent défenseur de la gare LGV, mais il faudra des trains qui collent aux besoins des usagers locaux et plus précisément aux horaires domicile/travail. Si c’est le cas, il est permis de rêver que des Toulousains et des Bordelais viennent s’installer chez nous, tout en continuant à travailler dans ces métropoles qui ne seront plus qu’à 45 minutes. Les terrains prendraient donc de la valeur, mais resteraient concurrentiels quand on sait combien est vendu le mètre carré dans ces métropoles. C’est le côté positif.

Sur le même sujet


Transport : ce qu’une gare LGV pourrait apporter à Agen

Transport : ce qu’une gare LGV pourrait apporter à Agen

Depuis 2001, la LGV Méditerranée relie Avignon à Paris, mais pas seulement. Quatre millions de voyageurs y passent chaque année. L’occasion d’aller mesurer ce que pareil équipement pourrait changer pour l’Agenais et au-delà

Et le côté négatif ?

Mais à toute médaille, il y a un revers. Comment contrôler ce développement ? Comment aménager les contours de la gare ? Quel type de services y proposer ? On mène à ce sujet un gros travail avec l’Agglomération et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai souhaité être vice-président à l’urbanisme, parce que l’aménagement du territoire est un enjeu stratégique pour une commune telle que Brax. Il faut rappeler que tout arrive à Brax : le barreau de Camélat, l’échangeur autoroutier, le TAG et donc la gare LGV, mais aussi la future desserte ferroviaire qui doit relier l’actuelle gare d’Agen à la LGV. C’est un cyclone qui nous arrive dessus et nous sommes dans l’œil de ce cyclone ! Il est donc nécessaire pour la petite commune qui est la nôtre de contrôler ce développement qui peut être une véritable chance si on ne le loupe pas… Et pour cela, j’ai besoin de l’aide de l’Agglo, du Département, de l’État. On va rentrer dans le dur.

L’échangeur autoroutier.

L’échangeur autoroutier.

Périvision/VINCI Autoroutes

Dans le dur ?

Cela va nécessiter des investissements lourds : la sécurisation des routes ; la réalisation de pistes cyclables et de chemins parallèles pour scinder les flux ; des aménagements paysagers pour permettre une cassure entre le TAG, la gare LGV et le bourg du village qui est du côté du « L de la mort ». Ce L est constitué par la départementale qui arrive du barreau de Camélat et celle qui part de l’entrée de Brax vers le TAG avec, entre les deux, la gare LGV et la desserte ferroviaire avec la gare d’Agen. Pour les Braxois qui sont de ce côté-ci, cela va être une transformation terrible ! Il faut donc accompagner ces gens avec des moyens de protection contre tous les types de nuisance (bruit, pollution, etc.). Et enfin, si la ville grossit, cela impose que les services grossissent à leur tour. Cela signifie que l’école ne sera plus adaptée, que la salle de sport ne sera plus adéquate, etc. Et je pense aussi à nos commerces : il n’est pas question de faire n’importe quoi et de voir se développer une concurrence en périphérie qui viendrait appauvrir notre centre-bourg et en faire une cité-dortoir. C’est l’inverse que je souhaite. Il faut garder un certain équilibre et préserver le cadre champêtre auquel tiennent les Braxois en ciblant bien le développement.

Avez-vous eu la curiosité d’aller voir dans d’autres territoires les transformations suscitées par une gare LGV ?

Tout dépend où se situe la gare. Je ne pense pas qu’on aura la problématique des gares très excentrées, très loin des bourgs. Je crois qu’on a la chance d’avoir une continuité urbaine jusqu’au centre-ville d’Agen dont la gare est la plus fréquentée de la région derrière celle de Bordeaux. On est aussi un nœud de circulation avec les autres départements. Cela peut donc être un très bel outil si les horaires sont adaptés. Je suis assez optimiste.

Comment jugez-vous la position du Département dont le refus de financer la ligne précarise, selon l’État, le calendrier de construction de la gare ?

Je suis très partagé sur ce dossier. Est-ce que le Département n’a pas les moyens de financer cette ligne ? Je ne sais pas. On fait partie des dix territoires les plus pauvres de France, faut pas l’oublier. Si j’étais président du Département, je pense toutefois que j’essaierais de participer à la LGV. Cependant, le positionnement du Premier ministre m’a choqué. C’est un élu rural qui connaît la situation du Lot-et-Garonne. Je peux comprendre qu’il veuille mettre la pression. Mais de là à faire du chantage en brandissant la menace d’un report de la gare… Je crois qu’au contraire, il devrait prendre de la hauteur et considérer que ce territoire, parce qu’il est pauvre, a besoin de cette gare. Vu le coût de ce projet, on n’est pas à quelques millions près. De toute façon, le Département participera d’une façon ou d’une autre en finançant les investissements autour de la gare. Dépassons ce débat politicien.