Foncier agricole en Nouvelle-Aquitaine : des terres très convoitées

Un marché foncier rural très dynamique

En 2021, la Safer Nouvelle-Aquitaine a été informée par les notaires de 67 825 transactions (+27% par rapport à 2020) sur un total de 145 768 hectares (+21%), avec une progression en valeurs échangées de 36 % (7,25 milliards d’€). «Cette progression sur les valeurs est surtout liée à l’augmentation des prix sur le bâti, les prix des terrains agricoles restant stables », tempère Henri Olivier, directeur adjoint.

Une dynamique résultant tout d’abord du renouvellement des générations agricoles, avec 85 347 hectares de terres agricoles concernées par des transactions en 2021 (+21%) se traduisant par 1,415 milliard d’euros échangés (+44%), que l’on doit surtout imputer (en valeurs) au marché viticole. La forêt attire également avec 30 691 hectares mis à la vente et une poussée en valeurs de +98 % (308 millions d’€) induite par les prix du bâti. Enfin, le marché des maisons de campagne vit depuis le Covid une attractivité inégalée avec une progression des ventes de 26 % et en valeurs de 37 %. « Ce qui pose des problèmes d’accessibilité de la ruralité pour la main-d’œuvre et le vivier économique locaux », poursuit Henri Olivier.

Philippe Tuzelet, directeur de la Safer Nouvelle-Aquitaine, Patrice Coutin, président et Henri Olivier, directeur adjoint.

Philippe Tuzelet, directeur de la Safer Nouvelle-Aquitaine, Patrice Coutin, président et Henri Olivier, directeur adjoint.

Valérie Deymes

Le marché des parts sociales est à la hausse (1 174 opérations notifiées sur 150 000 hectares soit +19 %). On y voit des transmissions progressives intrafamiliales ou vers un tiers. La Safer estime que les cessions de parts sociales depuis le début de l’année 2022 se multiplient à un rythme élevé, opportunément avant l’entrée en vigueur de la loi Sempastous, au 1er octobre qui va réguler les transmissions sociétaires du foncier.

Enfin, une tendance plutôt rassurante : la baisse des transactions sur le marché de l’urbanisation, laissant entrevoir une meilleure maîtrise du foncier et un début de lutte contre l’artificialisation des terres.

Le plan stratégique

La Safer ne se contente pas d’observer et d’analyser les évolutions des prix et marchés fonciers ruraux. « C’est un acteur polyvalent dans l’aménagement équilibré du territoire rural » a rappelé Patrice Coutin. Elle effectue 2 000 transactions par an portant sur près de 15 000 hectares. 50 % de ces acquisitions sont destinés à l’installation de jeunes agriculteurs via le portage et le stockage de terres (7 300 ha) et à la consolidation et restructuration d’exploitations (6 600 ha). « 7 % des transactions concernent la forêt, 6 % du développement rural et 14 % des opérations environnementales » (compensations environnementales sur des projets d’infrastructures et des projets pour la préservation de l’eau).

L’assemblée générale a été aussi l’occasion pour la Safer Nouvelle-Aquitaine de signer son plan stratégique pour 2022-2028. « Un plan pour lequel nous jouons collectif », a martelé le président. En amont, la Safer a auditionné 500 partenaires : des collectivités, en passant par les chambres d’agriculture, les filières, des coopératives, etc. Jouer collectif pour œuvrer pour le renouvellement des générations « car 2 000 à 2 300 jeunes s’installent chaque année quand on assiste à 3 600 départs à la retraite », pour lutter contre l’accaparement tout en tenant compte des nouveaux besoins en photovoltaïque, des grands projets ferroviaires et routiers, des pressions et menaces sur l’environnement, des enjeux sur l’eau. Enfin, le plan prévoit un volet communication pour faire connaître les activités de la Safer au travers de conférences départementales.