Foire de Bordeaux : « On a réussi à remobiliser le public »

Depuis, elle revient tous les ans. Enfin, sauf ces deux dernières années, Covid oblige. « Mais ça me manquait. » Un sentiment semble-t-il partagé par beaucoup de visiteurs pour cette première Foire de Bordeaux depuis 2019. « Sur les réseaux sociaux on constate qu’il y avait une attente », confirme Frédéric Espugne Darses, directeur du pôle Événements de congrès et expositions de Bordeaux, qui organise la manifestation. « On a réussi à remobiliser le public, se réjouit-il. Ça tient aussi à une politique de prix agressive. On est passés de 8 euros sur place et 5 euros en prévente à 6 et 3 euros : une baisse d’environ 40 %. »

Ce samedi 28, un jour avant la dernière journée, il estime à environ 10 % la hausse de la fréquentation. Ce, alors que l’édition 2022 aura duré un jour de moins que celle de 2019. Et avec une affluence assez régulière, alors qu’auparavant on observait une montée en puissance en fin de semaine.

La fréquentation est en nette hausse pour cette édition.

La fréquentation est en nette hausse pour cette édition.

Laurent Theillet / “ SUD OUEST ”

« Pour continuer à intéresser le public il faut miser sur d’autres valeurs : le local, l’authenticité, la culture, l’aspect festif… »

Là, c’est probablement l’effet pont de l’Ascension qui a joué. Pour la maison Marelia, une épicerie fine d’Andernos invitée dans un espace réservé à des commerces gourmands, c’est le jeudi 26 qui a été la journée la plus intense. Comme si les visiteurs étaient venus ce premier jour de repos avant d’aller passer le week-end ailleurs.

Le stand des pompiers, avec des démonstrations de premier secours.

Le stand des pompiers, avec des démonstrations de premier secours.

Laurent Theillet / “ SUD OUEST ”

« Le fait est qu’à partir de mardi on a atteint un plateau de fréquentation qui n’est pas retombé, assure Frédéric Espugne Darses. Ce n’était pas assuré quand on regarde les chiffres des autres grandes foires françaises. »

Pour la société Collantés, qui construit des maisons individuelles à Tresses, la présence à la foire était en tout cas une nécessité. « Dans notre activité la rentabilité n’est pas immédiate. Il peut se passer un an entre le moment où on rencontre un client et celui où on fait affaire avec lui. Mais dans le contexte actuel c’est important de montrer qu’on est toujours là. »

Avant d’acheter un canapé, il faut l’essayer.

Avant d’acheter un canapé, il faut l’essayer.

Laurent Theillet / “ SUD OUEST ”

Son de cloche à peu près équivalent chez Youcef Djouihel, responsable du magasin Cuir center de Mérignac : « Il y a peut-être un peu moins de visiteurs mais ils sont plus motivés à l’achat. Ils sont moins réticents quand on vient les solliciter dans les allées. »

Le salon Electric Road show des nouvelles mobilités : l’une des nouveautés de cette édition.

Le salon Electric Road show des nouvelles mobilités : l’une des nouveautés de cette édition.

Laurent Theillet/ “ SUD OUEST ”

Mais pour Frédéric Espugne Darses cette activité commerçante ne peut plus être l’unique attrait de la foire : « Avant on venait pour découvrir des innovations technologiques et pour bénéficier de prix plus avantageux. Aujourd’hui, on y a accès en quelques clics sur la Toile. Pour continuer à intéresser le public il faut miser sur d’autres valeurs : le local, l’authenticité, la culture, l’aspect festif… »

D’où l’exposition Toutankhamon cette année – « 70 % de nos visiteurs s’y sont rendus » – et les deux nouveautés que sont le salon des véhicules électriques et le village du Trophée Gustave, qui valorise une quinzaine d’entreprises innovantes en Nouvelle-Aquitaine. « Mais pour nous cette édition est une première étape vers la foire 2025 où nous voulons être la vitrine de l’identité régionale. Le Salon de l’agriculture rayonne déjà à cette échelle. »

Le Trophée Gustave : un salon dans le salon, destiné à valoriser une quinzaine d’entreprises innovantes en Nouvelle-Aquitaine.

Le Trophée Gustave : un salon dans le salon, destiné à valoriser une quinzaine d’entreprises innovantes en Nouvelle-Aquitaine.

Laurent Theillet/ “ SUD OUEST ”

En misant sur la gastronomie, le littoral, mais aussi le rugby, pratiqué quasiment partout en Nouvelle-Aquitaine. « La France va accueillir la prochaine Coupe du monde, avec des matches à Bordeaux, et des négociations sont aussi en cours pour avoir une demi-finale du Top 14 en 2025 au stade MatMut, à deux pas du Parc des expositions. »

Et d’évoquer aussi des échanges avec des musées de Bordeaux pour proposer une exposition d’art contemporain. Peut-être aussi des projets avec l’Opéra. « On a ouvert en 2019 un centre de conférences qui peut accueillir des concerts. Un jour ou l’autre la Foire de Bordeaux aura aussi son festival de musique. »

La danse orientale aussi avait sa place à la foire

La danse orientale aussi avait sa place à la foire

Laurent Theillet/ “ SUD OUEST ”