Europe : la tentation du charbon pour sortir du gaz russe

Dans le secteur de la production d’électricité, des voies de substitution sont possibles. On peut en partie compenser un moindre recours aux centrales à gaz en prolongeant, voire en rouvrant des centrales à charbon. L’Italie envisage sérieusement cette hypothèse. Les Transalpins, qui ne disposent pas du moindre réacteur nucléaire, ne disposent pas d’un plan C à horizon discernable.

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Issu de déchets alimentaires, de lisiers, ou de cultures dédiées… le biogaz, déjà prisé face au réchauffement climatique, pourrait connaître une accélération marquée sur fond de crise énergétique en Europe. Mais dans quelle mesure peut-il contribuer à remplacer le gaz russe ?

Incompatible avec le climat

Partout sur le continent, faire volte-face reviendrait à piétiner la politique climatique de l’Union européenne, qui s’est engagée l’an passé à affaler de 55 % ses émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 1990. Ce qui implique d’évincer au plus tôt le charbon, qui compte encore pour 11 % de l’énergie utilisée dans l’UE. À apport énergétique égal, il dégage deux fois plus de carbone que le gaz.

Dépendante à 60 % du gaz russe, l’Allemagne illustre bien l’impasse. Alors que la coalition dirigée naguère par Angela Merkel envisageait une sortie totale du charbon en 2038, celle du social-démocrate Olaf Scholz a ramené l’échéance à 2030 et a maintenu la fermeture des derniers réacteurs nucléaires du pays, programmée cette année.

Parmi les 27, seule la Pologne envisage encore la construction d’une centrale à charbon. Mais, outre l’Italie, d’autres pays envisagent de donner un ultime répit à ce combustible fossile. En France, le site de Cordemais (Loire-Atlantique) abrite l’ultime rescapée du parc des centrales à charbon. Mais celle de Saint-Avold (Moselle), qui a fermé il y a un mois, pourrait être exceptionnellement sollicitée l’hiver prochain.