Euratlantique à Bordeaux : dix ans après, « on va mettre en vie les nouveaux quartiers »

Valérie Lasek, la directrice générale de l’établissement public d’aménagement Bordeaux-Euratlantique.

Valérie Lasek, la directrice générale de l’établissement public d’aménagement Bordeaux-Euratlantique.

Thierry David/ « SUD OUEST »

Le Jardin de l’Ars, la place d’Armagnac, le pont de la Palombe… Vous inaugurez ces prochaines semaines plusieurs lieux du nouveau quartier sud, qui prolonge Belcier : une démonstration de ce qu’est Euratlantique ?

Il y a déjà eu l’inauguration de la Méca, la livraison de la Tour Hyperion, du parc aux Angéliques sur la rive droite, c’étaient des moments importants… Là, on raisonne à l’échelle des nouveaux quartiers : on va les mettre en vie. C’est presque prêt, on n’attend plus que les gens s’installent, ils commencent, c’est tout l’enjeu. On va voir comment on a reconquis des lieux délaissés, comment ce secteur de la gare, Bordeaux, Bègles et Floirac rayonnent au cœur de la Métropole. Les grues, la congestion du trafic auto – à cause des retards du pont Veil –, tout ça n’aide pas à se projeter de façon favorable. On était pressés d’aménager ces espaces publics, pour que les habitants s’approprient ces lieux de vie, de rencontre, l’école, les commerces… Avoir cette effervescence autour de ces quartiers, c’est un grand moment.

Qu’allons-nous voir d’Euratlantique ?

Dix ans après, on va pouvoir montrer la réponse qu’on apporte à la lutte contre l’étalement urbain, notre capacité à proposer des logements abordables et donner le choix aux ménages de loger à Bordeaux, dans une ville qui se transforme profondément. En intervenant sur des friches, on les rend aussi à la nature. On compense le déficit d’espaces verts sur Bordeaux sud : le Jardin de l’Ars [qui relie Armagnac, derrière la gare, au pont Veil et le futur boulevard urbain] ce seront 9 hectares avec les berges, 18 en tout avec le futur parc d’Amédée Sud [le projet rue Amédée-Saint-Germain]. Après les programmes immobiliers, l’école ouverte et bientôt les commerces, ce jardin vient donner un espace de respiration. Il devient le pivot de tout le quartier. On l’a vu avec la canicule : on a besoin d’îlots de fraîcheur. On s’attache à des espaces verts généreux, des plantations massives.

Dix ans, c’est aussi l’heure du bilan pour la suite du projet ?

C’est le moment d’un état des lieux, d’un bilan de ce qu’on a produit depuis dix ans, et qu’on va discuter avec les administrateurs. On va faire des retours d’expérience, on va mesurer les ajustements à opérer sur, par exemple, les procédés de construction, la décarbonation, l’impact environnemental, en essayant d’avoir toujours un temps d’avance, pour se projeter loin. Par exemple, on travaille sur la réversibilité des bâtiments : qu’on puisse passer de bureaux à des logements, et vice-versa, sans travaux : on ouvre plein de portes possibles.

Fin mars, le quartier du Belvédère qui sort de terre rive droite.

Fin mars, le quartier du Belvédère qui sort de terre rive droite.

Guillaume Bonnaud/ « Sud Ouest »

Où en est-on du projet initial, prévu sur vingt ans ?

L’objectif, c’est 50 000 habitants et 30 000 emplois. Nous sommes sur cette trajectoire. Pour les emplois, on est à un tiers du chemin. Côté habitants, avec les permis déposés, on arrive à la moitié. Mais nous ne sommes pas dans une logique de m². Nous sommes attentifs à produire des logements pour tous, pas que des bureaux, mais aussi des commerces, des espaces de coworking, des lieux pour les artisans – toutes les nouvelles formes de travail. Et on veut mettre à disposition tous les équipements publics dont les ménages ont besoin.