Épisode de gel : les agriculteurs du Sud-Ouest sur le pied de guerre jusqu’à mardi

Dégâts en Lot-et-Garonne

Karine Duc, sur les hauteurs de Montesquieu en Lot-et-Garonne, a maintenu le feu une partie de la nuit et de la matinée, pendant que son époux ventilait la fumée dans les rangs des jeunes vignes à l’aide du tracteur.

Karine Duc, sur les hauteurs de Montesquieu en Lot-et-Garonne, a maintenu le feu une partie de la nuit et de la matinée, pendant que son époux ventilait la fumée dans les rangs des jeunes vignes à l’aide du tracteur.

Thierry Daniel Vidal/ « SUD OUEST »

En Lot-et-Garonne, dimanche matin, à l’heure où les températures devenaient négatives, bougies et ballots de foin en feu ont embrasé la campagne pour lutter, parfois avec les moyens du bord et, hélas sans résultat. Comme à Fongrave, où la famille Bellitou a passé sa journée de samedi à protéger ses serres de fraises. « Dans la nuit, nous savons qu’il y a trois degrés de différence… Et en dessous de zéro, les dégâts sur les fleurs sont irréparables. »

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En Lot-et-Garonne, une nuit de feu contre le gel

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Ce dimanche 3 avril au matin, à l’heure où les températures devenaient négatives, bougies et ballots de foin en feu ont embrasé la campagne pour lutter, parfois avec les moyens du bord et, hélas sans résultat, contre le gel qui sévira jusqu’à mardi matin

Arbres fruitiers touchés en Bergeracois

Les vignes du Bergeracois ce dimanche matin au lever du jour.

Les vignes du Bergeracois ce dimanche matin au lever du jour.

Eric Chadourne

En Dordogne, les températures sont descendues jusqu’à -5 °C peu avant le lever du jour, dimanche matin. Des bottes de foin ont été brûlées dans les vignes et des tours antigel ont été mises en route. Mais si ces dispositifs s’avèrent efficaces par -2 °C, leur effet est beaucoup plus incertain au-delà. « Au bout d’un moment on peut faire ce que l’on veut, on ne peut pas lutter contre la nature », lâche, fataliste, Éric Chadourne à Creysse (AOC Pécharmant) et président de la fédération des vins de Bergerac et Duras. Sur beaucoup d’arbres fruitiers déjà en fleurs, en revanche, le gel n’a pas fait de cadeaux. On pouvait déjà voir des fleurs brûlées par le gel sur les pruniers, parmi les essences à la floraison la plus précoce.

L’Ugni blanc épargné en Charente

Par endroits, comme ici à Gensac-la-Pallue en Charente, des feux ont été allumés au bout des rangs de vigne.

Par endroits, comme ici à Gensac-la-Pallue en Charente, des feux ont été allumés au bout des rangs de vigne.

Anne Lacaud/ « SUD OUEST »

En Charente également l’inquiétude demeure pour les arbres fruitiers. Pour la vigne, elle concerne les cépages précoces plus que l’Ugni blanc. Le cépage roi du vignoble cognaçais connaît, en effet, un débourrement (apparition des bourgeons) plus tardif et cette végétalisation moins avancée a, de fait, protégé la vigne.

Sécuriser les plants en Gironde

Veillée dans les vignes de Château Mazeyres, au lieu-dit Cantereau, dans la commune de Libourne en Gironde. La température au sol est surveillée en permanence.

Veillée dans les vignes de Château Mazeyres, au lieu-dit Cantereau, dans la commune de Libourne en Gironde. La température au sol est surveillée en permanence.

Laurent Theillet/ « Sud Ouest »

En Gironde, dans les appellations Pomerol et Saint-Émilion, la seule priorité, dans la nuit de samedi à dimanche, était de sécuriser les plants durant ce premier épisode de gel du printemps. L’alerte a été donnée tôt dans la nuit, vers 1 heure, tout le monde restant sur le pont jusqu’à 9 heures. Les températures sont descendues jusqu’à -4 °C.

Gel jusqu’à mardi