Énergie : chez le courtier jechange.fr, le téléphone chauffe

Le mégawattheure huit fois plus cher

L’invasion russe en Ukraine a rajouté de la confusion à la confusion, ou, c’est selon, de la complexité à la complexité. « C’est bien pire. Le marché européen s’est emballé, avec un prix du MWh atteignant des sommets à plus de 400 euros, dès le début des hostilités, contre 55 euros en temps normal », souffle Cyrielle Stoessel, formatrice au sein de l’entreprise agenaise, qui face à la volatilité du marché, aux positionnements magmatiques des opérateurs, s’emploie chaque semaine à mettre à jour les connaissances des employés du call center.

« La situation est compliquée » confirme Mathieu Rivière, directeur général de jechange.fr, assistant personnel dédié à la gestion des contrats du foyer notamment dans le domaine de l’énergie, des télécoms (internet et mobile), des assurances et des crédits. « Dans le domaine du gaz et de l’électricité, on est confronté à une demande très forte, mais l’offre est limitée. » La faute à un marché qui, en l’état, n’est pas favorable aux opérateurs alternatifs (ils seraient près de 80 rien qu’en France), avec qui jechange.fr travaille.

En cause : un quota limité de MWh en tarifs réglementés (moins chers donc que le prix du marché libre) qui leur sont proposés par l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH) afin de leur permettre de proposer des tarifs compétitifs et donc de survivre à cette crise. « Il y a encore des acteurs qui agissent selon une stratégie d’acquisition de clientèles avec des offres attractives, jusqu’à -11 % par rapport à EDF, mais beaucoup d’opérateurs refusent de nouveaux clients car le prix d’achat sur le marché européen est bien trop élevé. »

La faute au télétravail

Cet environnement a contraint jechange.fr à s’adapter : « On se doit d’expliquer le contexte du marché à ceux qui nous sollicitent, même si souvent c’est vain », relate Morgane Moulié, responsable de plateau au sein du comparateur. « Il y a beaucoup d’incompréhension, confirme Mathieu Rivière. Les offres sont composées d’une multitude d’options, avec un jeu subtil sur les abonnements. Au bout du compte, le prix peut varier du simple au double. Par ailleurs, les gens sont souvent facturés par estimation. Quand vient le temps de la régulation, c’est le coup de bambou qui a été amplifié par la crise sanitaire : l’usager a télétravaillé, il est resté chez lui, il a donc consommé plus d’énergie. C’est une superposition de facteurs. »

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