En Allemagne, le syndicat IG Metall réclame 8,2 % d’augmentation dans la sidérurgie

Lors d’une manifestation organisée par le syndicat IG Metall, à Stuttgart, en Allemagne, le 29 octobre 2021. Lors d’une manifestation organisée par le syndicat IG Metall, à Stuttgart, en Allemagne, le 29 octobre 2021.

Ce n’est qu’une petite négociation tarifaire, qui ne concerne que 80 000 salariés de la sidérurgie. Pas de quoi introduire des changements macroéconomiques d’ampleur. Pourtant, le signal est sans équivoque : le syndicat IG Metall demande pour les employés une augmentation de salaire de… 8,2 %. Sachant que l’inflation, outre-Rhin, a atteint, en avril, 7,4 %. IG Metall joue gros : un succès du syndicat aurait un effet psychologique majeur pour tous les salariés allemands.

Suivant un rituel bien établi, les négociations ont commencé fin avril par des discussions exploratoires, pendant lesquelles toute grève est en principe exclue. Si aucun accord n’est trouvé entre le patronat et le syndicat IG Metall d’ici au 1er juin, une phase plus musclée commencera, durant laquelle des arrêts de travail pourront être décidés. Très perturbants dans un secteur où les installations doivent fonctionner vingt-quatre heures survingt-quatre, à l’heure où l’industrie peine déjà à honorer ses commandes.

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Ce scénario est une répétition générale de ce qui attend l’économie allemande à l’automne. C’est là que se tiendront de grandes négociations des branches-clés de l’industrie allemande, très organisées. D’abord dans l’électronique et la métallurgie, où IG Metall négociera les rémunérations de 3,9 millions de salariés. Puis dans la chimie (500 000 salariés) et certains services publics. Les syndicats n’ont, pour l’instant, pas formulé de revendication chiffrée pour ces négociations, mais tout porte à croire qu’ils devraient également réclamer une augmentation substantielle. Or, au même moment, la grande promesse du Parti social-démocrate, la hausse du salaire minimum à 12 euros de l’heure, va entrer en vigueur, améliorant d’un seul coup le sort de millions de travailleurs à bas revenu en Allemagne.

« Le danger d’une spirale prix-salaires est réel »

Les syndicats sont en position de force : malgré la croissance en berne liée aux difficultés d’approvisionnements, le chômage est revenu à son niveau d’avant-crise. Et surtout, beaucoup d’entreprises ont du mal à recruter du personnel, qualifié ou non. Certaines ont d’ailleurs déjà relevé leurs tarifs. Dans les magasins discount Lidl et Aldi, par exemple, le salaire le plus faible sera porté à 14 euros de l’heure, à partir du mois de juin, contre environ 12 euros jusqu’ici. Et ce, malgré les plans accordés par le gouvernement pour alléger la pression inflationniste sur les ménages.

Si personne, en Allemagne, ne conteste la légitimité des revalorisations, beaucoup d’économistes et de responsables politiques redoutent que ces hausses simultanées ne déclenchent une inflation incontrôlable. « Le danger d’une spirale prix-salaires est réel », a averti le ministre des finances allemand, Christian Lindner, très inquiet, début mai. « Le risque existe que les attentes accrues des entreprises et des syndicats en matière d’inflation soient prises en compte dans les négociations salariales, et que l’inflation actuellement élevée s’enracine à moyen terme. »

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