Emploi : des besoins de main-d’œuvre en nette hausse

Un employé sur le chantier de construction de la future station de métro Saint-Denis Pleyel (Seine-Saint-Denis), le 5 février 2022. Un employé sur le chantier de construction de la future station de métro Saint-Denis Pleyel (Seine-Saint-Denis), le 5 février 2022.

Est-ce que 2022 sera synonyme de record en matière d’embauches ? Pôle emploi fait miroiter cette perspective réjouissante dans une étude publiée mardi 5 avril. D’après l’opérateur public, les projets des entreprises pour l’année en cours représentent près de 3,05 millions de recrutements potentiels – un niveau inégalé depuis la création de ce baromètre, en 2002. Seul bémol, mais qui est de taille : ces prévisions reflètent des souhaits exprimés au dernier trimestre 2021, avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie. La guerre plonge l’économie mondiale dans une incertitude et dans des difficultés qui n’avaient donc pas été prises en compte par les personnes ayant participé à l’enquête.

Cependant, de tels « aléas » ne semblent pas, pour le moment, avoir eu d’incidence sur le marché du travail, à en croire les résultats présentés mardi. A la fin mars, les offres de postes déposées chez Pôle emploi restent très importantes, avec des chiffres légèrement supérieurs aux pics enregistrés l’an passé.

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S’appuyant sur les réponses de quelque 420 000 « établissements », le sondage montre que les intentions d’embauche progressent de 11,9 % par rapport à 2021. L’augmentation s’avère plus faible (+ 2,45 %) si l’on se réfère aux données pour 2020, qui avaient été recueillies avant la crise sanitaire. C’est en Bretagne et dans la région Grand-Est que l’accélération est la plus nette. Dans un peu plus de 54 % des cas, la volonté affichée par les patrons est de signer un contrat à durée indéterminée.

Difficultés de recrutement

L’évolution mise en évidence dans l’étude est imputable à « une hausse sensible » de la part des employeurs, qui manifestent le désir d’enrôler de la main-d’œuvre (32,8 % pour 2022, soit 6,3 points de plus que pour 2021 et 4,7 points de plus que pour 2020). En revanche, « le nombre moyen de projets » de recrutements par entreprise régresse légèrement.

D’après Pôle emploi, la dynamique s’avère très soutenue dans le transport et l’entreposage (+ 30,7 % entre 2021 et 2022), l’industrie (+ 23,8 %), l’hébergement-restauration (+ 23,4 %) et la construction (+ 21,8 %). Sur la première marche du podium des métiers les plus recherchés, il y a les viticulteurs, les arboriculteurs salariés et les cueilleurs, ce qui correspond, presque systématiquement, à des activités saisonnières. Viennent ensuite les serveurs de cafés-restaurants et les « agents d’entretien de locaux ».

Sans surprise, les dirigeants de sociétés se préparent à des difficultés pour trouver les travailleurs dont ils ont besoin : ce type de situation est anticipé dans près de 58 % des projets (13 points de plus qu’en 2021 et 6,7 points de plus qu’en 2020). Ces tensions se révèlent particulièrement fortes dans la construction et la métallurgie. Elles ont, par ailleurs, tendance à s’amplifier dans l’hébergement-restauration et le commerce de détail. Plusieurs professions sont très touchées : couvreurs, aides à domicile, aides ménagères, etc.

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