Emmanuel Macron veut que les Français travaillent plus et plus longtemps

Emmanuel Macron, candidat à sa réélection, présente son programme lors d’une conférence de presse à Aubervilliers, jeudi 17 mars 2022. Emmanuel Macron, candidat à sa réélection, présente son programme lors d’une conférence de presse à Aubervilliers, jeudi 17 mars 2022.

Emmanuel Macron l’a martelé à plusieurs reprises : les Français doivent « travailler plus ». En dévoilant son programme, jeudi 17 mars, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), le président candidat a accordé une place centrale à cet objectif, l’inscrivant dans une volonté plus large de redonner de « l’indépendance » à notre pays. Pour lui, une telle démarche implique de renouer avec le plein-emploi « dans les cinq ans qui viennent » et de reculer de 62 ans à 65 ans l’âge légal de départ à la retraite. Plusieurs de ses ambitions convergent avec des dispositions défendues par Valérie Pécresse, sa rivale du parti Les Républicains (LR) dans la course à la magistrature suprême. Au point que celle-ci l’a accusé de « contrefaçon ».

Durant le quinquennat qui s’achève, le taux de chômage a diminué de 2,1 points, pour s’établir à 7,4 % – soit un ratio très proche du but que s’était fixé M. Macron au commencement de la législature (7 %). Désormais, le chef de l’Etat veut que cet indicateur, encore relativement haut, continue de baisser jusqu’au plein-emploi – un âge d’or révolu depuis le premier choc pétrolier de 1973-1974. Quel pourcentage faut-il atteindre ? Le locataire de l’Elysée ne l’a pas dit.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés La situation de l’emploi s’est fortement améliorée sous le quinquennat d’Emmanuel Macron

Ce qui est clair, en revanche, dans son discours, c’est la série de mesures qu’il a l’intention de porter. Premier axe : poursuivre la réforme de l’assurance-chômage. M. Macron souhaite instaurer des règles qui « réincitent encore davantage » à la reprise d’un poste, « chaque fois que la conjoncture s’améliore ». Les modalités n’ont pas été précisées, mais cette idée peut signifier, par exemple, que la durée d’indemnisation serait raccourcie lorsque la croissance s’emballe et stimule les besoins de main-d’œuvre des entreprises. A l’inverse, quand l’activité pique du nez, « on doit mieux protéger celles et ceux » qui sont privés de travail, ce qui pourrait se traduire par un allongement de la période pendant laquelle l’allocation est attribuée.

« France travail » et RSA

Combattre le chômage de masse nécessite également un big bang institutionnel, aux yeux de M. Macron. C’est pourquoi il plaide pour que Pôle emploi se mue en « France travail », par analogie avec France compétences – l’instance créée en 2019 pour coiffer le système d’apprentissage et de la formation professionnelle. Le chef de l’Etat veut « mettre en commun » les moyens et l’expertise détenus par de multiples acteurs du service public : Pôle emploi, donc, ainsi que les missions locales et les collectivités territoriales (les régions, notamment, qui ont des prérogatives en matière de formation continue et de développement économique). Il s’agit d’ouvrir une sorte de guichet unique, où seront accueillis tous ceux « qui ont vocation à revenir à l’emploi », afin de leur proposer un accompagnement : bilans de compétences, stages pour élever son niveau de qualification, etc.

Il vous reste 50.71% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.