Économie : la Monnaie de Paris annonce un chiffre d’affaires record et un retour à des bénéfices en 2021

Effectivement, le contexte n’est pas des plus porteurs. La crise ukrainienne brouille les perspectives. Sur le long terme, la dématérialisation des moyens de paiement semble être un phénomène irréversible. En dix ans, la commande de l’État a ainsi baissé de 50 % et elle ne représente plus, aujourd’hui, qu’un quart du chiffre d’affaires. Et la concurrence ne faiblit pas, venue notamment du Royaume-Uni ou de Pologne.

Marc Schwartz : « Nous avons réussi à inverser la tendance. »

Marc Schwartz : « Nous avons réussi à inverser la tendance. »

Muriel Dovic

Marc Schwartz insiste donc sur la nécessité de trouver de nouveaux marchés. Aux pays dont les monnaies courantes sont traditionnellement frappées à Pessac (Afrique, Moyen-Orient, Pacifique) s’ajoutent de nouveaux clients comme le Costa Rica ou la Géorgie. Mais si le chiffre d’affaires lié à ces activités a crû de 47 % par rapport à 2020 (année fortement impactée par la crise sanitaire, certes), il ne représente qu’un cinquième de l’activité totale de l’établissement.

C’est d’abord du côté des monnaies de collection que le PDG voit l’avenir se dessiner. Dans ce domaine, le chiffre d’affaires a été de 67,4 millions d’euros en 2021, quasiment la moitié du chiffre global, et si les pièces commémoratives (200 ans de la disparition de Napoléon) comptent toujours dans l’activité de l’établissement, de nouveaux produits ont été lancés afin de toucher une clientèle plus jeune et plus diversifiée : monnaies sur le thème de Harry Potter, de la maison Dior, des Jeux olympiques de Paris, production engagée jusqu’en 2024.

La Monnaie de Paris a aussi raffermi sa présence sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, LinkedIn. TikTok devrait suivre) et multiplié ses ventes sur Internet par deux en trois ans. Sans négliger le commerce physique. 3 000 nouveaux points de vente ont été ouverts depuis deux ans. Sans négliger non plus les nouvelles activités que la loi 3DS lui permet de développer. Un programme immobilier est engagé sur le site de Pessac et un autre projet existe « dans le domaine des métaux précieux, comme l’or ».

De quoi financer des investissements qui s’imposent. L’usine de Pessac, où la monnaie courante est frappée, date de 1973 et elle donne quelques signes de vétusté. De nouveaux outils numériques ou industriels doivent être acquis afin de mieux répondre aux demandes de la clientèle et résister à la concurrence.