Économie en Lot-et-Garonne : Pour faire ses gins, le Grand Nez travaille à un plan baies

Alors rien d‘étonnant de retrouver sous ces plants la main d’Anne-Hélène Vialaneix et sa distillerie du Grand Nez. « C’est une parcelle qui appartient au lycée agricole Armand-Fallières de Nérac. Nous la travaillons en bio en partenariat avec l’établissement. Ce sont les élèves de seconde en aménagement paysager qui ont planté les pieds en octobre dernier. Il y en a 700 sur un quart d’hectare avec des interrangs de 2,5 mètres. Nous sommes sur un sol calcaire qui était destiné à une truffière. Les genévriers sont plantés sur des rouleaux de chanvre. Pour cette culture, il n’y a pas besoin d’apporter d’eau. »

600 kilos importés

Les gins du Grand Nez accumulent les récompenses.

Les gins du Grand Nez accumulent les récompenses.

Baptiste Verine

Sauvage et perçue autrefois comme une mauvaise herbe, l’essence est ici domestiquée pour un test grandeur nature. « Si ça marche, alors peut-être que nous pourrons pousser les agriculteurs vers cette culture », espère la cheffe de l’entreprise néracaise. Si une plante donne tous les ans, il faut un délai minimum de trois avant de récolter les premières baies. La cueillette se fait entre octobre et novembre. Seuls les pieds femelles donnent des fruits.

« La Bosnie est le premier producteur de baies. Le marché est à 19 euros du kilo pour du bio de qualité et équitable. Nous avons convenu avec le lycée que la production irait à notre distillerie. Il va falloir aussi étudier les différents coûts. Si tout arrive à production, je pourrai couvrir la moitié de mes besoins. »

Si ça marche, alors peut-être que nous pourrons pousser les agriculteurs vers cette culture

La baie de genévrier commun est noire violette. Elle mélange un goût de poivre et de fruits noirs. La Distillerie du Grand Nez, qui commercialise quatre références, en importe 600 kilos pour la fabrication de 7 000 litres de gins bios, soit 17 000 bouteilles.

Du bib pour les pros

Pour les professionnels des cafés hôtels-restaurants exclusivement, et à leur demande, le conditionnement va évoluer. Les premiers bibs de trois litres vont être disponibles. « Avec le coût du verre et de son traitement, c’est une meilleure solution que de leur fournir des bouteilles d’un demi-litre », pointe Anne-Hélène Vialaneix. Depuis la création de l’entreprise, en octobre 2019, l’ingénieure agronome et œnologue accumule les récompenses.