Economie du cognac : Hennessy maintient le cap « avec audace et prudence »

Voilà, résumé à grands traits, le message que le numéro 1 du cognac a transmis à ses 1 600 viticulteurs partenaires réunis les 9, 10 et 11 mai 2022, à l’Espace 3 000 à Cognac. Laurent Boillot y a fait preuve de détermination et d’optimisme mesuré, sans rien cacher d’un « contexte mondial perturbé » avec la guerre en Ukraine, l’inflation galopante et les reconfinements en Chine.

« Grosse secousse »

« Tous les éléments constitutifs d’une grosse secousse sont là […]. Si crise il y a – ce que personne ne souhaite –, Hennessy épaulera ses partenaires et continuera à acheter du vin et des eaux-de-vie », a-t-il par ailleurs déclaré, mercredi matin, lors d’une conférence de presse en marge des trois réunions avec les viticulteurs.

Évoquant la guerre, le patron a parlé de « drame humain ». Il a dit que le groupe LVHM avait placé ses équipes sur place « en sécurité » et participait « discrètement » à l’accueil des réfugiés. Il a expliqué que les volumes qui auraient dû être expédiés en Ukraine et en Russie avaient été redirigés en Europe et aux États-Unis d’Amérique.

Laurent Boillot, PDG de la maison Hennessy.

Laurent Boillot, PDG de la maison Hennessy.

Anne Lacaud/ « Sud Ouest »

Laurent Boillot a aussi fait part de « tensions » à Shanghai (dont le port est fermé avec la politique « zéro Covid » chinoise) mais indiqué que les « marchandises étaient acheminées via Shenzhen ».

Enfin, le PDG a reconnu que le marché nord-américain était difficile à approvisionner. « Les ports de la côte Ouest sont engorgés, les camions et les chauffeurs manquent », a-t-il souligné, en ajoutant que la tequila gagnait des parts de marché aux USA quand le rayon cognac est parfois vide.

Global, luxe et durable

Panorama anxiogène ? Non, réaliste, « à l’heure où l’urgence environnementale est brûlante, comme le rappelle le rapport du Giec », a poursuivi Laurent Boillot. Fi de l’avis de tempête, Hennessy entend « naviguer là où souffle le vent ». Le PDG dit maintenir le cap fixé l’an passé : la maison se veut toujours « plus globale, plus luxe et plus durable ».

Le négociant s’appuie sur son « portefeuille diversifié, sur toutes les qualités et les comptes d’âge des cognacs, et une répartition géographie équilibrée ». Laurent Boillot rappelle que la quête incessante de qualité est transverse à toute la gamme : VS, VSOP, XO et Paradis. Il annonce d’ailleurs des « investissements conséquents » sur les références VSOP et Paradis. Enfin, il promet des pratiques culturales et un modèle économique plus respectueux de la planète. « A-t-on vraiment le choix ? Sans sols fertiles, sans chênes en bonne santé, quel serait l’avenir du cognac ? La prospérité future dépend des actions engagées aujourd’hui. »