Dordogne : un premier Territoire zéro chômeur en gestation

Danielle Delpey, conseillère municipale et ex-professeure d’allemand, s’est consacrée à fond à ce projet innovant : « Nous nous appuyons sur les qualités, les compétences et les savoir-faire de ceux qui sont durablement privés d’emploi, car personne…

Danielle Delpey, conseillère municipale et ex-professeure d’allemand, s’est consacrée à fond à ce projet innovant : « Nous nous appuyons sur les qualités, les compétences et les savoir-faire de ceux qui sont durablement privés d’emploi, car personne n’est inemployable. » Sur la Communauté de communes du Périgord ribéracois, 700 personnes sont dans ce cas.

Le dispositif TZCLD est né des réflexions de l’association ATD-Quart Monde et a été rendu possible par une loi de 2016 permettant 10 expérimentations en France. Un second texte, en 2020, en a prévu 50 de plus. Un contingent que souhaitent intégrer les Ribéracois en suivant une longue procédure. « C’est un travail de missionnaire qui demande beaucoup de diplomatie et de patience, reconnaît le maire Nicolas Platon. Il y a désormais 23 projets lancés en France et 157 projets émergents dont nous faisons partie. »

Envie de retravailler

Le territoire a été défini à force de négociations, mais seulement une vingtaine de communes (1) sur les 44 que compte l’intercommunalité ribéracoise y participeront. Les rencontres avec les sans-emploi ont débuté sur les marchés, dans les mairies et les associations. « On n’oblige personne à venir participer. Il faut être volontaire, avoir vraiment envie de retravailler », insiste Danielle Delpey. Tous les cas sont particuliers avec des histoires personnelles qui éloignent de l’emploi : problèmes familiaux, handicap léger, âge, manque de confiance, licenciement difficile… La mascotte d’un petit bonhomme avec de grands yeux circule entre les communes pour attirer l’attention et inspirer confiance.

Une réunion organisée le 2 avril à Ribérac avec comme invité Patrick Valentin, le créateur national des TZCLD, a permis de réunir les forces vives du secteur. Une occasion de découvrir ce système qui combat l’exclusion et de décider des acteurs locaux à se lancer. C’est par exemple le cas d’Olivier Laffont, le patron du magasin Centrakor, qui y voit l’avantage d’accompagner des personnes au retour vers l’emploi « en se sentant utiles en travaillant ». D’autant plus quand les entreprises recherchent désespérément des collaborateurs.

Services nouveaux

Une association a déjà été lancée avec l’incontournable Danielle Delpey comme présidente. Un comité de pilotage se met en place en intégrant des élus, des représentants d’administration, des chefs d’entreprise et des chômeurs. La grosse étape suivante, dès que le projet aura été validé, peut-être en 2023, sera l’embauche d’un directeur chargé de monter l’entreprise à but d’emploi (EBE) aux statuts bien particuliers. Il devra trouver des besoins sur le territoire pour utiliser les compétences des salariés recrutés dans le dispositif qui feront aussi tourner la boutique. « L’EBE fonctionne à l’inverse des entreprises classiques, explique Danielle Delpey, car elle part des envies de ses employés. » Un local proche de la mairie est déjà ciblé pour l’accueillir.

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Ces emplois en CDI, payés au Smic, seront financés par l’État à raison de 18 000 euros par équivalent temps plein et par an, ce que coûte réellement à la collectivité un chômeur de longue durée. Le complément est assuré par le paiement des services non concurrentiels rendus aux particuliers ou aux professionnels, comme créer une conciergerie de territoire, assurer de petites livraisons, aider à la mobilité ou au recyclage… On trouve beaucoup d’idée sur le site tzcld.fr et dans le film de Marie-Monique Robin « Nouvelle Cordée », largement diffusé.

(1) Ribérac, Verteillac, Tocane, Cherval, La Tour-Blanche-Cercles, Bourg-des-Maisons, Coutures, Bertric-Burée, Allemans, Saint-Méard-de-Drône, Montagrier, Lisle, Douchapt, Saint-Pardoux-de-Drône, Segonzac, Saint-Sulpice-de-Roumagnac, Siorac-de-Ribérac, La Jemaye-Ponteyraud.

La mascotte de l’opération circule entre les communes, ici accueillie à la mairie de Tocane

La mascotte de l’opération circule entre les communes, ici accueillie à la mairie de Tocane

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