Dordogne : pourquoi le prix des visites touristiques risque d’augmenter fortement cet été

À l’image de l’association Au Fil du temps, qui gère les Jardins panoramiques de Limeuil, la Filature de Belvès et le Moulin de la Rouzique à Couze-et-Saint-Front, la plupart des sites ont opté pour des augmentations modérées qui n’excèdent pas les 50 centimes d’euros. « Le sujet a été âprement débattu en conseil d’administration, reconnaît Laure Benoist, l’assistante de direction de la structure. Il y avait des voix pour, des voix contre : décider de revaloriser les prix n’est pas une décision qui se prend à la légère. »

Les Jardins panoramiques de Limeuil.

Les Jardins panoramiques de Limeuil.

Archives « Sud Ouest »

À l’heure du vote, l’argument des investissements réalisés et à venir a été décisif : « Ajouté au fait que les tarifs n’avaient pas bougé depuis quatre ans, à Limeuil, l’aménagement du jardin méditerranéen et le renouvellement de l’escape game ont convaincu les administrateurs de passer l’entrée des adultes de 8,50 € à 9 euros et celle des enfants de 5,50 € à 6 euros. » La différence servira de soupape de sécurité : le jardin panoramique n’est pas à l’abri que le prix des fertilisants ou des plants continuent à flamber dans les prochains mois.

« Barre psychologique »

Aux Eyzies, le château de Commarque a également revu sa politique tarifaire en fixant le prix de l’entrée à 9,30 € pour les adultes contre 8,80 € auparavant et celui des enfants à 5,50 € contre 4,50 €. Une hausse justifiée par l’inclusion dans le prix du billet du jeu de piste pour lequel un supplément de 2 euros était jusque-là requis. « Une remise à niveau est acceptable à condition qu’il y ait de la nouveauté », considère Jean de Commarque, co-gestionnaire du site avec sa sœur Aude. « Le reste, complète-t-il, est une question de dosage : il faut faire en sorte que le prix reste en deçà de la barre psychologique des 10 euros. »

Le château de Commarque aux Eyzies.

Le château de Commarque aux Eyzies.

Archives Stéphane Klein/« Sud Ouest »

« Une remise à niveau est acceptable à condition qu’il y ait de la nouveauté »

La Semitour, la société qui gère neuf des sites les plus visités du Périgord, a elle aussi procédé à une refonte de ses prix que ce soit à la grotte du Grand Roc (8,60 € contre 8,10 €) et à l’abri de Laugerie Basse aux Eyzies (5,90 € au lieu de 5,60 €) ou encore au parc du Thot à Thonac (11,50 € au lieu de 10 euros). « Le fruit de ces hausses de prix, dont je rappelle qu’elles étaient prévues dans les contrats initiaux, va aller directement soutenir le développement des visites guidées », annonce André Barbé, le directeur de la Semitour. Deux ans de Covid-19 ont eu raison du tout numérique. « Le public veut des outils modernes mais aussi et surtout du contact humain », plaide André Barbé, convaincu que « les gens ne s’arrêteront pas face à une augmentation de 50 centimes si la qualité des visites est au rendez-vous ».

L’abri de Laugerie Basse aux Eyzies.

L’abri de Laugerie Basse aux Eyzies.

Archives Philippe Greiller

Rester prudents

Répondre à la hausse des prix par une augmentation de ses tarifs ? Dans un contexte économique plombé prioritairement par l’explosion des prix du carburant, certains professionnels du tourisme préfèrent rester prudents.

Le château de Jumilhac-Le-Grand.

Le château de Jumilhac-Le-Grand.

Archives Stéphane Klein/« Sud Ouest »

Malgré les dépenses qu’il a prévu d’engager pour accroître sa visibilité sur Internet, Henry de la Tour du Pin, le propriétaire du château de Jumilhac-le-Grand, en Périgord vert, a choisi de maintenir l’entrée à 9,50 €, son prix de référence depuis quatre ans. « Je crois qu’il faut savoir rester à sa place, temporise-t-il. La Dordogne a bonne réputation, mais attention quand même à ne pas trop tirer sur la ficelle ! On risque de voir les familles de quatre ou cinq personnes passer leur chemin. »

Le château des Milandes à Castelnaud-la-Chapelle.

Le château des Milandes à Castelnaud-la-Chapelle.

Archives « Sud Ouest »

Angélique de Saint-Exupéry, la propriétaire du château des Milandes, à Castelnaud-la-Chapelle, a fait le même calcul, refusant de surfer sur l’aubaine de la panthéonisation de Joséphine Baker, en novembre 2021. « Si augmentation il doit y avoir, ce sera l’année prochaine avec l’ouverture à la visite de la chapelle, mais pas avant », conclut-elle.