Dordogne : plongée dans le quotidien du juge des tutelles

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Tutelles et curatelles : des vies sous protection

Tutelles et curatelles : des vies sous protection

Les personnes sous tutelle ou curatelle doivent être accompagnées dans les actes du quotidien. C’est le rôle des mandataires judiciaires, dont le métier est particulièrement difficile. Reportage en Dordogne

Contrairement au juge pénal, le JCP n’a pas vraiment de spécialité dans un domaine et doit être extrêmement polyvalent. « Ce sont quatre fonctions en une, résume la magistrate périgourdine. Mais elles ont en commun d’assurer la protection des citoyens. C’est d’ailleurs pourquoi nous pouvons nous saisir d’office de plein de choses. »

« Rééquilibrage social »

Il y a donc une fonction éminemment sociale dans ce métier : « Nous pouvons ordonner des mesures de protection, qui ont pour effet un rééquilibrage social. Par exemple, quand quelqu’un a un trouble mental ou rencontre des difficultés, on peut prendre des mesures d’aides. »

La majorité du travail du JCP, ce sont les mesures de protection (principalement les tutelles et les curatelles). Hélène Virecoulon s’occupe ainsi en temps normal de 2 200 personnes ; un nombre qui a doublé depuis qu’elle assure le remplacement d’une collègue. Une charge de travail gigantesque : « On fait ce qu’on peut, avoue la magistrate. Ce qui nous tient, ce sont les justiciables. Derrière les dossiers, il y a des gens avec des maladies, des problèmes… Face à ça, il faut qu’on soit là. C’est un métier passion. On fait le maximum pour les justiciables. »

« Si je n’étais pas passionnée par mon métier, je ne pourrais pas tenir »

Journée type

En raison du manque de moyens humains, Hélène Virecoulon travaille 50 à 60 heures par semaine. « On ne peut pas faire moins. Si je n’étais pas passionnée par mon métier, je ne pourrais pas tenir. »

Une journée type commence par l’ouverture des courriers. « Pour les mesures de protection, on peut être saisi par la personne elle-même ou par un proche. Le parquet peut aussi faire un signalement. Au final, c’est beaucoup de travail de bureau : je regarde chaque dossier. On fait un travail d’orfèvre, au cas par cas. Ensuite, on convoque et on entend. Il peut nous arriver d’aller sur place voir la personne à protéger. Un juge qui se déplace à domicile, c’est rare ! Chaque mois, on va dans les maisons de retraite, ce qui permet de voir les personnes dans leur environnement. »