Dordogne : l’irrésistible croissance de l’usine Saint-Michel

Le développement est tel que le groupe est prêt à investir plus de 10 millions d’euros à Champagnac-de-Belair. « L’entreprise se porte bien, il y a une dynamique commerciale…

Le développement est tel que le groupe est prêt à investir plus de 10 millions d’euros à Champagnac-de-Belair. « L’entreprise se porte bien, il y a une dynamique commerciale », confirme Yann Gomez, le directeur d’établissement, qui organisait une visite de l’usine, ce jeudi 31 mars. Globalement, la croissance du groupe atteint 4 à 5 % par an. Le secteur a même bénéficié de « l’effet Covid », qui a boosté le succès des pâtisseries individuelles en sachet. « Nous avons fait l’équivalent de trois ans en l’espace d’une année », détaille Christophe Pollet, directeur des opérations industrielles dans le groupe.

La madeleine est le produit phare de l’usine. Une nouvelle ligne de production lui sera dédiée à partir du mois de septembre.

La madeleine est le produit phare de l’usine. Une nouvelle ligne de production lui sera dédiée à partir du mois de septembre.

Philippe Greiller

Rachetée en 2011 par le groupe dont le siège social se trouve à Contres, en Loir-et-Cher, l’usine du Périgord vert n’a cessé de croître. Elle comptait 100 personnes en 1969 avec un atelier de 600 m² en 1969, contre 300, aujourd’hui, sur un site qui s’étend sur 18 000 m². Au total, neuf lignes de production sont en fonctionnement pour produire les madeleines et les biscuits type palmiers. Les produits « prêts à garnir » (fonds de tarte, bouchées à la reine, etc.) destinés aux métiers de bouche, cœur historique de l’activité, sont toujours confectionnés au sein de l’usine. Au total, 13 500 tonnes de ces produits sortent chaque année de Champagnac-de-Belair pour être distribués partout en France et de plus en plus à travers le monde (15 à 20 % du chiffre d’affaires sont réalisés à l’export).

La fabrication des madeleines est automatisée.

La fabrication des madeleines est automatisée.

Philippe Greiller

Les employés (246 CDI et une cinquantaine d’intérimaires) travaillent essentiellement au conditionnement ou sur les fonctions support, la production de base étant essentiellement assurée par des machines. L’usine tourne 7 jours/7 et 24 heures/24 avec, selon les lignes, du travail de nuit ou sur le week-end.

« Ce qui compte avant tout pour nous, c’est le savoir être. On ne s’arrête pas à un CV »

Si le site de Champagnac-de-Belair fait partie des quatre plus importants du groupe, il va poursuivre son développement et recruter 60 personnes supplémentaires d’ici septembre. « On se doit de composer avec notre ancrage local, en milieu rural, souligne Yann Gomez. On veut le vivre de manière vertueuse en s’impliquant avec des associations ou des communes et en promouvant la vie en Périgord vert. » Avec ces embauches, l’entreprise anticipe de futurs départs à la retraite, veut renforcer des fonctions support et bien sûr faire fonctionner la nouvelle ligne de production.

Yann Gomez devant le départ de la chaîne de production.

Yann Gomez devant le départ de la chaîne de production.

Philippe Greiller

Mais comme de nombreux employeurs, notamment en Dordogne, Saint-Michel fait face à des difficultés pour recruter du personnel. « Notre stratégie est basée sur l’ouverture, abonde Yann Gomez. Ce qui compte avant tout pour nous, c’est le savoir être. On ne s’arrête pas à un CV, on veut trouver des personnes qui se sentiront bien au sein de l’entreprise. » Les profils des postes à pourvoir présentent différents niveaux de qualifications. Opérateur, conducteur de machine, cariste, agent de maintenance, électromécanicien : les besoins sont multiples. « Les perspectives sont réelles car notre stratégie est de former les employés en interne », ajoute le dirigeant.

Arrivé intérimaire en 2017 dans l’entreprise, Fabian Hachimi illustre bien cette possibilité d’évolution. « Au départ, j’étais aide pétrisseur en intérim pendant deux mois, explique le trentenaire. Puis je suis passé en CDD, mais comme j’habite loin, j’ai sollicité une augmentation. On m’a alors proposé de passer au four. En 2018, j’ai signé un CDI et, désormais, je suis chef de ligne et je m’y sens bien. » Arrivé en janvier, Benjamin Belbachir, 19 ans, est déjà conducteur de machine. L’histoire se répète pour Jonathan Laplaud, rentré en décembre 2019 en intérim et aujourd’hui conducteur de ligne et donc en charge d’une équipe. Quant aux salaires, Yann Gomez indique qu’ils varient « selon le poste, les horaires ou encore l’ancienneté ». Petit à petit, Saint-Michel rajeunit ses équipes. La moyenne d’âge atteint aujourd’hui 34 ans et il reste une quarantaine de postes à pouvoir. « Ce qu’il faut aux candidats, c’est l’envie de s’investir et d’apprendre », résume Franck Garsmeur, directeur des ressources humaines pour le groupe.