Dordogne : les usagers de l’aérodrome de Bassillac ne veulent pas être oubliés

Depuis un peu plus d’un an, c’est Richard Bigonneau, un ancien pilote d’Air France retraité en Dordogne, qui a pris la présidence de l’Association des usagers de l’aérodrome de Périgueux Bassillac (AUAPB). Il représente les adhérents de l’aéroclub, le club d’ULM, celui des planeurs, des propriétaires d’avions qui louent des hangars, la société Jet Lag qui importe de petits aéronefs, la mairie de Bassillac, les collectionneurs d’avions anciens et l’aéromodélisme. « On tient à rappeler qu’on est là et que l’on fait vivre ces lieux, que l’on a des idées pour développer le site et des demandes d’entretien et de réparations au propriétaire. »

Arrêté de péril sur un hangar

Le propriétaire des 75 hectares et des installations est toujours la Chambre de commerce et d’insdustrie (CCI) de la Dordogne qui avait confié la gestion durant quelques années à la Communauté d’agglomération du Grand Périgueux, avant de la donner au Syndicat mixte air Dordogne, il y a deux ans. C’est cette structure qui paie les quatre salariés, deux dans la tour de contrôle et deux pompiers, qui permettent de gérer le trafic des avions, de générer des recettes de taxes et de vente de carburant.

Richard Bigonneau soupire en montrant l’état des installations : « L’ancien hangar des planeurs est frappé de péril depuis plus de deux ans car il menace de s’écrouler. Heureusement la porte du hangar d’à-côté a été réparée et ils ont pu déménager. Mais plusieurs hangars ont des fuites et des portes qui demandent de l’entretien ».

Au bout du terrain qui menace de s’écrouler est frappé depuis des années d’un arrêté de péril

Au bout du terrain qui menace de s’écrouler est frappé depuis des années d’un arrêté de péril

Chassain Hervé/SUD OUEST

Quant à l’aspect extérieur de l’ancienne aérogare avec ses poutrelles rouillées, il ne contribue pas à attirer des investisseurs. Le président des usagers croit au développement des lieux grâce à sa belle piste de 1800 mètres, à l’espace qui permettrait de construire de nouveaux hangars et d’attirer des activités aéronautiques comme de la maintenance d’avion et d’ULM. L’accueil d’un club de parachutisme avait été évoqué un temps.

L’idée d’un restaurant

Après quelques tensions entre les usagers et le président de la CCI Christophe Fauvel qui les avait traités de « zadistes en polo Ralph Lauren », les relations se sont bien améliorées. Lors d’une réunion constructive avec l’association AUAPB qui s’est tenue il y a tout juste un an, Christophe Fauvel leur avait promis qu’une partie de l’argent récupérée par la vente du parc des expositions pourrait être investie pour développer Bassillac. Sachant qu’il n’est pas question d’y enlever l’activité aéronautique, la plateforme ayant un intérêt stratégique.

Un projet de ferme solaire est étudié sur une quinzaine d’hectares en bordure du site, qui pourrait apporter du financement. Et les idées lancées par les uns et les autres ne manquent pas. Michel Beylot, le maire de Bassillac souhaiterait développer encore l’aspect loisirs du secteur.

Richard Bigonneau, comme bien d’autres avant lui, plaide pour l’installation d’un restaurant : « Il en existe dans de petits aérodromes qui vivent très bien, notamment avec la clientèle des pilotes qui font le déplacement ». Ceux d’Aurillac ou d’Auch sont réputés et contribuent à l’animation de ces sites. Mais, à Périgueux, cette bonne idée butte à chaque fois sur la précarité du bail dans les locaux aéroportuaires. On se demande ici comment ils font ailleurs.

Quant à relancer une nouvelle liaison commerciale vers Paris à laquelle certains pensent encore, on se tourne plutôt vers les aéroports de Brive où elle existe, voire de Bergerac où elle a existé. Mais c’est une autre histoire.