Dordogne : « C’est terrible », à Bergerac, les demandes d’aides alimentaires explosent

La hausse du coût de la vie engendrée par les diverses crises (Covid, guerre en Ukraine, etc.) fait battre des records…

La hausse du coût de la vie engendrée par les diverses crises (Covid, guerre en Ukraine, etc.) fait battre des records d’affluence à l’association : 675 familles inscrites. « Et il y en a de nouvelles chaque jour. C’est devenu le bureau des pleurs, on est un peu à bout là. Heureusement qu’on a une équipe de bénévoles efficace. »

Cette année, une quarantaine de réfugiés ukrainiens ont aussi grossi les rangs des bénéficiaires. Plusieurs sont aussi devenus bénévoles à l’association.

« De jour en jour »

Au Secours populaire, qui distribue 400 colis d’aide alimentaire par mois et enregistre 1 250 bénéficiaires permanents, le constat n’est pas différent : « Depuis trois ou quatre mois, c’est reparti plein pot, constate Nicole Pinet, bénévole chargée de la distribution. C’est flagrant. Les gens nous disent qu’ils n’y arrivent plus. Et ça augmente de jour en jour. »

Nicole Pinet, bénévole chargée de la distribution au Secours populaire, et Daniel Castaignede, secrétaire général.

Nicole Pinet, bénévole chargée de la distribution au Secours populaire, et Daniel Castaignede, secrétaire général.

T. J.

« L’aide alimentaire a clairement augmenté”, ajoute le secrétaire général Daniel Castaignede, qui ne manque pas non plus de souligner que, en 2022, « la subvention de la commune de Bergerac est passée de 2 000 à 1 000 euros sans explication, même si la mairie paye les fluides ».

En revanche, depuis l’arrivée du Covid, l’association a beaucoup de mal à relancer ses actions culturelles, faute de public. « Nous proposons des places pour les spectacles au centre culturel à 1 euro. Avant, on avait toujours 10 personnes assurées. Maintenant, c’est la croix et la bannière pour trouver des gens intéressés. »

Changement de politique

Interrogé par « Sud Ouest », le maire, Jonathan Prioleaud, n’est pas surpris de cette augmentation. Par souci d’optimiser l’allocation des fonds, son équipe municipale a décidé de remplacer l’épicerie solidaire par des chèques d’accompagnement personnalisé.

« L’épicerie solidaire coûtait 120 000 euros par an pour seulement 30 000 euros qui allaient aux bénéficiaires, dit-il. Avec le nouveau système, ce sont 70 000 euros qui leur reviennent directement et qu’ils peuvent dépenser dans les magasins d’alimentation. »

« Depuis sa création, 213 familles ont bénéficié de cette aide, dont 85 nouvelles depuis le mois d’août 2021 », précise encore Jonathan Prioleaud. Fort de ce changement, il assume la baisse de subvention pour certains comme le Secours populaire. « On les a toutes mises au même niveau », dit-il. L’édile souligne aussi que ces structures sont hébergées dans des locaux municipaux et qu’elles ne paient pas les fluides, également pris en charge par la municipalité.

Pas de portes ouvertes aux Restos

Lors de l’épisode de grêle qui a touché le Bergeracois, le 2 juin, le toit du local des Restos du cœur a été transpercé de partout, causant des infiltrations à chaque nouvelle averse. Mercredi 22 juin, une dalle du faux plafond est tombée, alourdie par l’isolation en laine de verre gorgée d’eau. Ce que redoutaient depuis des semaines les bénévoles, qui avaient décidé de fermer l’espace de distribution pour éviter tout accident et d’accueillir les bénéficiaires à l’extérieur, côté local de stockage. « Notre assurance se retourne contre celle du propriétaire, explique la coresponsable, Dominique Bouvard. L’expert ne passera pas avant le 7 juillet. En attendant, on n’a aucune nouvelle de la mairie. » Interrogé, le maire, Jonathan Prioleaud, répond que « les agents municipaux ont été sur place. On leur a également demandé comment ils étaient assurés. Ils seront accompagnés comme toutes les associations qui sont logées chez nous ». Pour des raisons de sécurité, l’association a dû renoncer à participer à la journée nationale de portes ouvertes des Restos.
« L’antenne locale de Bergerac de la Croix-Rouge est très sollicitée pour aider les familles les plus démunies mais aussi, en ce moment, les réfugiés d’Ukraine », explique sa responsable, Marie-Josée Dussutour. En plus de ses ventes sur site (12 boulevard Beausoleil) tous les après-midi, la Croix-Rouge organise deux ventes de vêtements de deuxième main à petit prix hors les murs : sur le marché de Bergerac ce samedi 25 juin au matin et sur celui d’Issigeac dimanche 26 juin au matin.