Dior séduit par les nénuphars de Latour-Marliac, en Lot-et-Garonne, pour ses cosmétiques

« C’est finalement le nymphéa alba qui a été retenu par Dior »

« Les premiers contacts ont été pris en 2014 par LVMH Recherche, qui cherchait des ingrédients actifs pour ses marques de cosmétiques, explique Robert Sheldon. C’est un processus qui est très long, il y a eu plusieurs tests sur les plantes, et c’est finalement le nymphéa alba, blanc, qui a été retenu par Dior. C’est une espèce indigène. »

Sur son site, la marque explique les atouts de la plante : « Le nymphéa possède un pouvoir précieux : la chélation. Il s’agit d’un processus physio-chimique répandu dans la nature : des agents chélateurs piègent les métaux lourds nuisibles afin de les rendre indisponibles et de mieux les évacuer. » Dior propose depuis quelques semaines une gamme de nettoyants et démaquillants, des soins infusés en extraits de nymphéa français purifiant « récolté dans le nouveau jardin Dior Latour-Marliac. » Une collection composée de lait et d’eau démaquillants, d’une mousse nettoyante antipollution, d’un démaquillant yeux et lèvres et d’une eau micellaire démaquillante.

Fournisseur exclusif

« Nous avons établi un partenariat et Latour-Marliac est le fournisseur exclusif de Dior, poursuit Robert Sheldon. Nous y consacrons actuellement trois bassins, et nous voulons passer à sept ou huit et multiplier le volume par 10 d’ici cinq ans. C’est le rhizome qui est utilisé, ce qui ne tue pas le nénuphar. On coupe ce rhizome et cela permet à la plante de se multiplier. »

Le fameux nymphéa alba.

Le fameux nymphéa alba.

Loïc Déquier/»SUD OUEST »

Pour marquer le coup, Dior a donc débarqué au Temple-sur-Lot avec les grands moyens cinématographiques, drones à l’appui, et des clips – qui rendent largement hommage au site – sont visibles notamment sur Instagram. Une publicité d’ordre mondial pour Latour-Marliac, mais aussi pour le Lot-et-Garonne : Dior a la bagatelle de 9,4 millions de followers. « Ils ont filmé non-stop durant trois jours, c’était assez impressionnant. Et ils voulaient vraiment parler de nous, mettre Latour-Marliac et son histoire en avant. Ils nous citent comme une marque de référence, font le lien avec Claude Monet. Pour eux, c’est important d’avoir des produits fabriqués en France, avec une assurance de qualité. Ils sont aussi très soucieux de biodiversité et ils suivent de près nos façons de cultiver, être sûrs qu’aucun produit nocif n’est utilisé. C’est un vrai partenariat dans lequel Dior s’implique beaucoup. »

Autre élément important pour le propriétaire : « Nous sommes devenus le neuvième jardin Dior. » Pour chaque produit de sa gamme de cosmétiques, il y a un site associé à un patrimoine important et emblématique, comme la rose de Grandville, le jardin de Ranomafana pour le longoza ou celui de Koro, au Burkina-Faso, pour l’hibiscus rouge. Et vendra-t-on des produits Dior à base de nymphéa alba au Temple-sur-Lot ? « Ce n’est pas prévu, mais je ne suis pas contre l’idée d’avoir cette gamme dans la boutique », admet Robert Sheldon.