Des Ehpad Orpea en grève contre le non-versement d’une prime

Un tel niveau de mobilisation est peu courant dans une entreprise où « habituellement la pression de la direction est forte », mais « les salariés ont passé le cap de la peur », explique Dominique Chave, secrétaire général de la CGT « santé privée ».

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C’est une onde de choc après la parution du livre-enquête « Les fossoyeurs », consacré aux Ehpad à but lucratif du groupe Orpea. Un livre qui pose la question de la maltraitance envers les personnes âgées dépendantes

Les salariés en grève protestent contre la décision annoncée mi-mai par la direction du groupe de ne pas verser cette année de prime d’intéressement, en raison de résultats financiers moins bons qu’attendu. Cette prime avait atteint 750 euros net en 2020, puis 350 euros en 2021, selon le syndicat majoritaire Arc-en-Ciel.

Des cadres d’Orpea qui s’enrichissent

La direction de l’entreprise a précisé vendredi qu’elle espérait cependant verser cette année une « prime exceptionnelle de pouvoir d’achat » (Pepa), dite prime « Macron », de 1 000 euros par salarié. Cette décision a d’ailleurs été actée « avant même l’annonce » de la grève, selon la direction, dans la tourmente depuis la sortie en janvier du livre-enquête « Les Fossoyeurs ».

« Pour nous, une prime Pepa ne compensera pas la prime d’intéressement. D’autant que certains salariés risquent de ne pas y avoir droit », avance Isabelle Signori, élue Arc-en-Ciel et secrétaire du CSE d’Orpea.

Selon les syndicats, la colère des salariés a été ravivée par de récentes révélations dans les médias selon lesquelles plusieurs cadres d’Orpea se sont enrichis via des montages financiers complexes en Suisse, au Luxembourg ou dans des paradis fiscaux.