Des bons d’achat pour lutter contre « la vie chère »

Communication de la mairie de Grenay (Pas-de-Calais) sur ses bons à la consommation. Communication de la mairie de Grenay (Pas-de-Calais) sur ses bons à la consommation.

Au Lude, 4 800 habitants, dans la Sarthe, les transports en commun sont rares, et le prix de l’essence s’envole comme partout ailleurs. Depuis mi-février, le Centre communal d’action sociale propose un coup de pouce « mobilité » de 30 euros aux automobilistes qui travaillent à plus de 10 kilomètres, valable dans les deux stations-service indépendantes du bourg. « Je m’attendais à ce que 200 personnes au total se présentent à la mairie avec les justificatifs requis, explique la maire (divers droite), Béatrice Latouche. En neuf jours, déjà 370 sont venues. »

A Grenay, ancienne cité minière du Pas-de-Calais, la municipalité communiste a lancé dès janvier des bons d’achat « contre la vie chère » : chaque famille bénéficiant du chèque énergie de l’Etat pouvait venir chercher trois grands coupons (de 25, 15 et 10 euros), imprimés sur papier bleuté et numérotés, à présenter dans les commerces participants de la ville. Sur la page Facebook de la commune, l’annonce a suscité 27 likes. Neuf de plus que le message « A quand une aide à tous ceux qui se lèvent chaque jour à 6 heures, qui déposent leurs enfants à la garderie à 7 h 30 et les récupèrent à 17 h 30, qui paient cantine, garderie et centre de loisirs par obligation et au prix fort !!!! »

Pourtant 57 % des habitants de la commune, l’une des plus pauvres de France, peuvent y prétendre. Lucie Lindio, du salon Ambiance coiffure, a apprécié de recevoir plus de clients, y compris des nouveaux, « qui se sont fait plaisir et ont vu qu’ils avaient leur place ici ».

Rapides et peu coûteux à mettre en place

Ces systèmes de bons, qui rappellent les tickets de rationnement de la seconde guerre mondiale, se multiplient depuis le début de la crise sanitaire. Lors du confinement, la Fondation Abbé Pierre, puis le gouvernement ont financé en urgence des distributions de tickets-service destinés à l’alimentation-hygiène, qui ressemblent au Chèque Déjeuner et sont acceptés par les mêmes commerces.

« On a pris la mesure du nombre de gens qui ont un logement et un salaire, mais ont besoin d’une aide ponctuelle pour finir le mois. » Frédérique Kaba, de la Fondation Abbé Pierre

« Il fallait aider les personnes sans-abri, vivant en bidonvilles ou logées à l’hôtel, privées de l’économie informelle et souvent en dehors des circuits de distribution alimentaire classiques, lesquels manquaient de bénévoles », se souvient le délégué interministériel pour l’hébergement et l’accès au logement, Sylvain Mathieu. Dans toute la France, outre-mer compris, les préfectures ont remonté les besoins des associations de terrain. D’avril à fin août, 90 000 personnes ont bénéficié de 50 millions d’euros de tickets-service.

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