Délocalisation d’Eaton en Béarn : « il n’y a pas de raison industrielle que ce site ferme », assure le potentiel repreneur Olivier Bachelet

Le président-directeur général de la société Forges de Belles Ondes (FBO) Olivier Bachelet a envoyé un courrier d’intention au groupe américain le 21 mars. Ce professionnel du secteur industriel, orienté vers le ferroviaire, n’a pas reçu de réponse à ce jeudi 31 mars.

Il répond aux questions de « Sud Ouest » concernant son projet…

Le président-directeur général de la société Forges de Belles Ondes (FBO) Olivier Bachelet a envoyé un courrier d’intention au groupe américain le 21 mars. Ce professionnel du secteur industriel, orienté vers le ferroviaire, n’a pas reçu de réponse à ce jeudi 31 mars.

Il répond aux questions de « Sud Ouest » concernant son projet de reprise. Contacté au niveau de son siège social en Irlande, Eaton n’a pas répondu à notre sollicitation.

Comment avez-vous entendu parler de la délocalisation du site du site d’Eaton, à Serres-Castet ?

J’ai été contacté par le mandataire LHH. Je ne connaissais pas le site d’Eaton à Serres-Castet. On m’a dit qu’ils cherchaient un repreneur. Assez rapidement, je me suis rendu compte qu’ils ne vendaient que les murs. Pour moi, cela n’avait pas d’intérêt. J’ai laissé le temps passer. C’était trop tôt pour moi. Le sujet revient alors sur la table en Conseil régional, où j’étais car je fais pas mal d’innovations. J’ai proposé au responsable du site de Serres-Castet de venir le visiter. J’y suis allé le 18 février. Je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de raison industrielle que ce site ferme. Il fonctionne bien. J’ai contacté les clients du site, dont Safran qui pèse 80 % de l’activité du site. Ils me disent qu’ils sont de mon côté. J’ai le soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine.

Pourquoi avoir écrit à Eaton ?

Pour qu’ils aient une trace. Je leur propose d’embaucher leurs salariés, racheter le bâtiment et leur payer une licence sur la technologie qui leur appartient, le temps qu’ils organisent leur transfert. Je suis propriétaire d’une entreprise dans laquelle nous faisons des produits équivalents au site de Serres-Castet, pour le domaine ferroviaire. Par contre, j’ai une capacité limitée. Je sais que si demain j’intègre le site de Serres-Castet, j’ai de l’activité ferroviaire pour eux. L’idée est de convertir l’activité petit à petit de l’aéronautique vers le ferroviaire.

Quelles sont les débouchées dans le ferroviaire ?

Il y a Alstom Tarbes qui n’est pas loin de Serres-Castet. Ils m’ont consulté récemment pour des tuyauteries de refroidissement moteur. Je n’ai pas répondu car je n’ai pas la compétence. Mais Serres-Castet serait capable de le faire. Serres Castet travaille en haute pression, moi en basse pression. Demain, si nous voulons développer la filière Hydrogène, Serres-Castet peut le faire. Ils ont les machines, les équipements et les compétences. Je demande simplement du temps.

EATON, à Serres-Castet, est menacé dune fermeture.licenciement économique de 47 salariés

EATON, à Serres-Castet, est menacé dune fermeture.licenciement économique de 47 salariés

Quentin TOP / SUD OUEST

Qu’en est-il de l’activité militaire du site ?

Je dis à Eaton : vous n’allez pas pouvoir transférer l’activité militaire car les autorités ne laisseront pas faire. Donc cette activité peut rester. Le militaire doit peser 1,5 ou 2 millions d’euros sur les huit millions de chiffres d’affaires du site. Pour le reste de l’activité, hors militaire, tout n’est pas transférable à l’étranger. Eaton est sur une industrie de pointe. Et le marché est quand même très local. Je dis : si nous sommes mauvais, vous aurez quand même transféré vos machines au Mexique. Si nous sommes bons, votre intérêt est quand même de préserver vos clients. Ce qui m’intéresse n’est pas d’aller chercher du résultat mais de pérenniser l’activité. Il y a un projet humain derrière.

Voulez-vous reprendre les 47 salariés ?

Mon idéal c’est ça. Il faut que l’activité soit là.

Pouvez-nous vous présenter votre société FBO ?

Forges de Belles Ondes est une boîte qui a été créée en 1957 en Haute-Marne. Elle emploie 135 personnes. Nous avons deux sites. Celui en Haute-Marne fait de la fabrication, de l’usinage. Le site de Saint-Junien, près de Limoges, fait de l’intégration mécanique, électronique. Nous avons une filiale en Inde qui fait des systèmes ferroviaires. Dans l’ensemble, 90 % de notre activité est orientée vers le ferroviaire. Nous avons 10 % sur d’autres industries : aérospatial avec Airbus et un peu de naval.