Dans les campings, les vacanciers vont débouler, mais les saisonniers manquent encore

En ce matin de début juin, à 10 heures du matin, au Camping La Pignade, un 4 étoiles de Ronce-les-Bains, dans la commune de La Tremblade en Charente-Maritime, l’éventuel manque de personnel ne se voit pas. Pas encore. La pleine saison ne sera…

En ce matin de début juin, à 10 heures du matin, au Camping La Pignade, un 4 étoiles de Ronce-les-Bains, dans la commune de La Tremblade en Charente-Maritime, l’éventuel manque de personnel ne se voit pas. Pas encore. La pleine saison ne sera véritablement lancée que dans trois semaines, et pour le moment, on croise encore plus d’employés que de vacanciers dans les allées.

« Nous roder avant le grand rush »

L’heure des châteaux de sable sur la plage proche de La Cèpe n’a pas sonné pour les enfants, mais Greg et Joël, deux salariés du camping, au tee-shirt floqué « Siblu », nom de la société bordelaise exploitant le lieu, manient pelles et seaux à l’entrée du parking. Ils enterrent le réseau électrique des quatre premières bornes qui permettront, fin juin, aux voitures électriques de faire comme beaucoup de leurs propriétaires : recharger leurs batteries.

C’est l’heure des derniers préparatifs au Siblu La Pignade. Les permanents sont au rendez-vous, mais des saisonniers manquent encore.

C’est l’heure des derniers préparatifs au Siblu La Pignade. Les permanents sont au rendez-vous, mais des saisonniers manquent encore.

Romuald Augé/ « SUD OUEST »

Au pied de la Piscine, Jay est encore seul, mais la séance de sport qu’il prépare démarre dans un quart d’heure. L’ancien animateur en hôtel-club attaque sa première saison à La Pignade. Arrivé ici le 1er avril, Jay confie qu’entre deux séances de gym et d’aquagym, il répète ses rôles dans les cinq différents shows qui seront présentés en soirée, sur la scène de la place principale du village de vacances.

Répétitions également du côté du club enfant avec Stéphanie, une ancienne aide-soignante, désormais animatrice professionnelle et responsable du service, et Maëlle, arrivée de Poitiers pour son premier poste d’animatrice en Village Siblu après une première courte carrière d’éducatrice spécialisée handicap. « Les week-ends de mai et juin nous ont permis de nous roder avant le grand rush », explique Stéphanie.

La directrice en renfort au ménage

Le rush, ce n’est pas pour tout de suite pour la Parisienne Alyssa, future professeure des écoles et fille de l’un des 460 propriétaires de mobil-home de La Pignade. Elle travaillera au bar cette saison, et la fréquentation actuelle, environ 25 % du village occupé, lui permet de « réviser ses cocktails ». Actuellement, l’équipe du bar compte quatre personnes. « On espère être huit ou neuf en haute saison », lâche Alyssa.

Comme l’an dernier, la directrice du Village, Angélique Louchart, aidera les équipes d’entretien des hébergements certains.

Comme l’an dernier, la directrice du Village, Angélique Louchart, aidera les équipes d’entretien des hébergements certains.

Romuald Augé/ « SUD OUEST »

Espérer, c’est le verbe que voudrait bannir, en ce qui concerne le recrutement, Angélique Louchart la directrice du Village. Elle préfère « réussir » mais sait combien il est difficile, depuis deux ans, de passer d’une équipe 17 salariés permanents à 100 collaborateurs en haute saison.

Siblu rémunère ses saisonniers 1 650 euros brut pour 35 heures, propose l’accès libre aux services de La Pignade, une participation aux bénéfices à partir de quatre mois de présence. Pourtant, il manque encore une personne à la réception, ainsi que des animateurs.

« Nous devons nous adapter à une situation tendue. Tout le monde recherche du personnel »

Les équipes d’entretien aussi sont encore à renforcer. Cath et Christine, qui briquent un mobil-home, savent déjà que certains samedis, la directrice renforcera les troupes : « Nous devons nous adapter à une situation tendue. Tout le monde recherche du personnel. Ici, nous réservons 18 mobil-homes qui sont répartis dans le Village, au milieu de vacanciers, nous y tenons. C’est beaucoup, mais cela ne permet pas de loger tout le monde. À La Tremblade, les solutions de logement manquent et c’est un des principaux problèmes », lâche Angélique Louchart.

Des stratégies pour pallier le manque

Faire aussi bien avec potentiellement moins, c’est donc la mission de la directrice et de beaucoup de professionnels du tourisme cette année. « Pour le vacancier, pas question de fonctionner en mode dégradé. Nous sommes plutôt bien lotis car nous pouvons faire appel à des salariés de deux autres campings Siblu qui sont à proximité. Nous adaptons aussi les plannings, proposons des heures supplémentaires aux volontaires. Certains passeront du bar en semaine à l’entretien le samedi. Et puis nous embauchons aussi à partir de 16 ans et souhaitons le faire savoir. Nous avons des postes et missions adaptés pour eux » assure la responsable.

En attendant, des volontaires, on en trouve à La Pignade. Las, ce sont les premiers vacanciers candidats à l’aquagym de Jay qui leur hurle : « Allez ! Un, deux et trois ! Totaaaale Energiiiiiie ! » Il en faudra aussi, de l’énergie, pour l’équipe de La Pignade et pour les salariés d’un secteur du tourisme qui devra faire face à une forte marée de touristes, même en sous-effectifs.