Dans l’académie de Versailles, des journées de « job dating » pour recruter des enseignants contractuels

« L’académie de Versailles recrute, alors rejoignez-nous ! » Les écrans installés dans plusieurs salles du rectorat, transformé pour l’occasion en salon de recrutement, diffusent en boucle, sans le son mais avec des sous-titres, le message promotionnel de la rectrice Charline Avenel. Au programme des quatre journées de « job dating » : 2 000 entretiens de trente minutes pour embaucher autant de personnels non titulaires, parmi lesquels 1 300 enseignants – 700 pour le primaire et 600 pour le secondaire. Une mesure d’urgence pour pallier le faible nombre de candidats qui se sont présentés aux concours.

Accueil pour le « job dating » de l'académie de Versailles, au rectorat de Versailles, le 30 mai 2022. Accueil pour le « job dating » de l'académie de Versailles, au rectorat de Versailles, le 30 mai 2022.

En cette première matinée, lundi 30 mai, ceux qui n’ont pas pu avoir de créneau se pressent pour déposer une fiche de renseignements et être contactés plus tard. Assistante sociale depuis vingt ans, Touria a « envie de faire autre chose ». « Pendant le confinement de mars 2020, j’ai fait office de maîtresse pour les enfants des familles que j’accompagne. Pourquoi pas continuer ? », évoque-t-elle. Thomas Lauro, 27 ans, va intégrer un master MEEF (métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation) à la rentrée dans le but de devenir professeur d’espagnol et aimerait décrocher un contrat pour « avoir déjà un pied dans le milieu » tout en finançant ses études. Alors qu’il faut être titulaire d’un master pour passer les concours, le niveau licence suffit pour postuler à ce job dating.

Thomas Lauro, 27 ans, est venu s’incrire pour les prochaines journées de « job dating ». En septembre, il commencera un master Métiers de l’enseignement et aimerait être professeur d’espagnol en parallèle. A Versailles, le 30 mai 2022. Thomas Lauro, 27 ans, est venu s’incrire pour les prochaines journées de « job dating ». En septembre, il commencera un master Métiers de l’enseignement et aimerait être professeur d’espagnol en parallèle. A Versailles, le 30 mai 2022.

L’« espace rencontres » grouille de candidats de tous âges et tous horizons. Certains sont venus en famille, bébé dans les bras, d’autres ont sorti le costume pour l’occasion. Un quart se dit en recherche de reconversion, 42 % en recherche d’emploi et 9 % sont étudiants, selon les données du rectorat. L’envie de transmettre ou de travailler avec des enfants et des adolescents est sur toutes les lèvres, la réalité des métiers de l’éducation nationale semble plus lointaine pour beaucoup.

« J’ai été surpris quand on m’a demandé le contenu des programmes à l’école primaire », raconte Etienne, bientôt 60 ans, à la sortie de son entretien. Professeur d’arts plastiques dans des écoles d’art ou des associations, il veut désormais rejoindre l’éducation nationale. Combien de candidats seront embauchés ? Le rectorat se fixe quinze jours au maximum pour leur donner une réponse. Leur rémunération sera équivalente, voire légèrement supérieure, à un enseignant titulaire en début de carrière, selon leur niveau de diplôme et la discipline enseignée. Les écarts se creusent ensuite.

Etienne, 60 ans, est professeur d'arts plastiques en filière professionnelle, et postule pour devenir professeur en collège ou lycée. A Versailles, le 30 mai 2022. Etienne, 60 ans, est professeur d'arts plastiques en filière professionnelle, et postule pour devenir professeur en collège ou lycée. A Versailles, le 30 mai 2022.

« Plus vraiment de profil type »

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