Conséquences de la guerre en Ukraine : l’économie néo-aquitaine n’est pas épargnée

Premier enseignement : bien que les relations…

Premier enseignement : bien que les relations de l’économie régionale avec l’Ukraine et la Russie soient limitées – la Russie est le 19e client et le 8e fournisseur de la région -, les impacts sont lourds. On passera vite sur la baisse de fréquentation des touristes russes à Biarritz et la diminution des ventes de cognac et de certaines porcelaines de Limoges en Russie, car c’est sur le front des énergies fossiles et des céréales que se font ressentir les effets les plus impactants : “Le cours du Brent de pétrole avoisine les 100 dollars, le prix de la tonne de blé est passé de 200 à 370 euros la tonne en neuf mois. Quant au cours du nickel, il a bondi de 20 000 euros la tonne début 2022 à 30 000 euros, en ce printemps. »

Christian Prat dit Hauret, professeur des universités, directeur scientifique de l’Institut Sofos.

Christian Prat dit Hauret, professeur des universités, directeur scientifique de l’Institut Sofos.

Thierry David/SUD OUEST

Les hausses des coûts de l’énergie baissent mécaniquement la valeur ajoutée d’entreprises néo-aquitaines que ce soit dans les transports ou dans certaines industries des secteurs manufacturier et agroalimentaire. Les agriculteurs français qui, comme beaucoup de leurs collègues européens, achètent des céréales russes et ukrainiennes pour leurs animaux et importent de Russie un quart de leurs engrais azotés, ne sont pas non plus épargnés. « Ces entreprises pourront-elles répercuter ces hausses de coûts sur le prix de vente de leurs produits ? Si ce n’est pas le cas, à terme, la question de leur pérennité va se poser », souligne l’institut par la voix de son directeur scientifique, Christian Prat dit Hauret.

Les éleveurs néo-aquitains ont vu le coût de l’alimentation animale bondir.

Les éleveurs néo-aquitains ont vu le coût de l’alimentation animale bondir.

Sud Ouest

Opportunités pour l’aéronautique

Les ménages ? Ils subissent l’explosion des dépenses contraintes : essence, électricité, gaz et alimentation. Christian Prat dit Hauret craint que la consommation non imposée (ameublement, électroménager ou commerce non alimentaire) s’en retrouve contractée. « Il est également probable que l’activité touristique de la région soit en baisse cet été avec une baisse de la fréquentation européenne et des réservations touristiques françaises » et ce, même si les tendances des dernières vacances scolaires de février et de Pâques n’ont pas donné ce signal.