Cognac : la rénovation des halles sur les rails, l’État débloque près de 950 000 euros

Aujourd’hui, l’objectif est de « remettre en musique » ce bâtiment qui est dans un état un peu pitoyable au niveau de sa structure. La première phase pour laquelle on a perçu cet argent va porter uniquement sur trois aspects : le désamiantage complet de la toiture qui représente un peu plus de 1 000 m² ; le déplombage de l’ensemble des peintures. L’étape la plus importante sera de conforter…

Aujourd’hui, l’objectif est de « remettre en musique » ce bâtiment qui est dans un état un peu pitoyable au niveau de sa structure. La première phase pour laquelle on a perçu cet argent va porter uniquement sur trois aspects : le désamiantage complet de la toiture qui représente un peu plus de 1 000 m² ; le déplombage de l’ensemble des peintures. L’étape la plus importante sera de conforter et stabiliser ce bâtiment qui est en train de complètement s’affaisser sur l’angle nord-est de la toiture au niveau du boulevard Denfert-Rochereau.

De quoi « souffrent » les halles architecturalement parlant ?

Quand ce marché a été construit au XIXe siècle, il y avait un platelage en bois (plancher en charpente). Entre toutes les pannes métalliques (poutres de charpente), il y avait de la volige (sorte de lattes) qui venait recouvrir l’ensemble de la toiture et contrer, une partie des efforts liés au vent et tous les efforts de déformation. Quand la toiture a été refaite, ce platelage a été retiré déstructurant le bâtiment : plus rien ne retient les planches de bois qui permettaient d’éviter que les grosses fermes métalliques bougent.

Les petites pannes ne sont pas suffisantes pour prendre les efforts sur la charpente qui bouge de manière infime mais suffisamment pour créer des efforts importants sur les piliers et tous les gros poteaux extérieurs. Ça crée des désordres aussi sur les maçonneries (déchaussement, fissures). Les poteaux verticaux sont en train de se déchausser des murs, créant des creux dans la partie nord-est du bâtiment. Mais ce n’est pas alarmant car si ça avait été très grave, les vitrages auraient éclaté. Le bâtiment ne va pas s’écrouler.

Le bâtiment ne va pas s’écrouler.

Les halles présentent de nombreuses fissures extérieures.

Les halles présentent de nombreuses fissures extérieures.

Claire Schlinger

Cet édifice est-il touché par d’autres « maux » ?

L’acier qui était utilisé à l’origine, du fer puddlé, ne se fabrique plus. Il était de très bonne qualité pour l’époque mais plus aujourd’hui. On observe dans le temps des phénomènes d’oxydation très importants qui désagrègent cet acier comme un « mille-feuille ». C’est un gros problème car on va être certainement obligé de changer certains éléments métalliques. Mais il est encore trop tôt pour les identifier. Il faut une étude poussée pour savoir précisément quelle va être la solution à apporter en fonction des désordres que l’on va constater. Il manque également énormément de rivets sur la charpente. En raison du temps dû aux efforts et aux déformations structurelles du bâtiment, ils finissent par casser ce qui crée un bâtiment plus souple au lieu qu’il soit totalement rigide.

Quelles sont les solutions possibles pour résoudre ces problèmes ?

Il faut stabiliser cette charpente. Plusieurs solutions sont envisagées : recréer le platelage qui a disparu. On a aussi une solution plus courante qui s’appelle le contreventement : ce sont des éléments métalliques qu’on va disposer entre les fermes, éléments de charpente, sous forme d’une croix à des endroits stratégiques pour stabiliser la charpente.

La solution choisie sera liée au projet qu’on va vouloir faire dans le marché. Il y a des notions de coûts et rien n’est encore chiffré aujourd’hui. On travaille seulement sur une première estimation d’opération sur tout ce qui vient d’être évoqué. On va essayer de trouver des financements et ensuite lancer des études dans le courant du deuxième semestre sur cette opération. Ensuite, il faudra définir un cahier des charges, associer les acteurs de ce projet, élus et commerçants, pour savoir quel marché on veut demain. Cette première étape laissera place à une seconde phase de travaux qui concernera davantage les aspects intérieurs des Halles.

Quand les travaux pourraient-ils débuter ?

C’est un projet de longue haleine, une grosse opération assez lourde pour la collectivité. Il n’est pas question de faire n’importe quoi. Il faut prendre le temps de bien réfléchir car les halles sont un bâtiment emblématique dans le centre-ville. Le marché n’est pas fait pour dix ans mais pour plusieurs décennies et il faut donc bien définir le cahier des charges au départ. Le point positif, malgré tout, c’est que les caves des halles sont en excellent état suite aux derniers travaux réalisés en 2005 (ainsi que les alvéoles commerciales). Elles ne feront pas l’objet de travaux lourds. Ce sera du chirurgical.