CHU de Bordeaux : « La moitié des médecins urgentistes s’apprêtent à quitter l’hôpital ! »

Or, ce qui devait rester l’exception et serait alors supportable, est désormais récurrent. « Faute de lits au bloc, qui ont été fermés, on se reporte sur les lits de déchocage, explique Gilbert Moudens de Sud Santé, ce qui implique … une réduction des lits disponible pour le déchocage. Et, par conséquent, une réduction des lits pour les cas moins graves. La zone d’accueil a été fermée durant le week-end pascal. Les moyens se réduisent comme peau de chagrin, en lien direct avec le manque de personnel. »

Et le personnel, sur le terrain, n’en finit pas de craquer. Pour preuve, selon Sud Santé, la moitié des médecins urgentistes auraient choisi de quitter l’hôpital public de Bordeaux avant l’été.

En dix ans, le nombre de patients accueillis aux urgences du CHU a progressé de 40 %, mais pas le personnel

« Dans quinze jours, je pars », admet une jeune médecin de l’équipe. « On a fait tout ce que l’on a pu pour alerter et trouver des solutions, d’autres confrères partiront avant septembre. »

Gilbert Moudens souligne l’effritement des équipes : « On perd la base », déplore-t-il. De fait, en dix ans, le nombre de patients accueillis aux urgences du CHU a progressé de 40 %, mais pas le personnel.

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Grève aux urgences pédiatriques

La situation n’est pas meilleure aux urgences pédiatriques de l’hôpital Pellegrin, récemment inaugurées. Les mouvements de grogne se succèdent et, jeudi matin, un préavis de grève a été déposé, par une intersyndicale Sud-FO-CGT.

Les salariés dénoncent « un manque d’anticipation de la direction », qui n’a pas suffisamment pris conscience du fait que le bâtiment, trois fois plus grand que le précédent, nécessiterait une autre organisation, et notamment davantage de personnel.

« Nous avons alerté bien avant l’ouverture du nouveau service d’urgence, inauguré il y a moins de deux mois, que les effectifs étaient inadaptés à la surface des locaux (passés de 800 à 3 000 m²), commente Gilbert Moudens. Résultat, aujourd’hui les soignants ne sont plus en mesure d’assurer la sécurité des enfants, les fiches d’alertes du personnel se succèdent sans augmentation des effectifs de la part de la direction. »