Charente : une école de bijoux ouvre ses portes au château de Puyguiller à Segonzac

C’est dans cette immense demeure du XIXe siècle de cinq hectares située au sud de Cognac qu’elle proposera, à partir du 21 mai, ses premiers cours de confection de bijoux en argent.

Jessica Hickman-Woolcott au château de Puyguiller.

Jessica Hickman-Woolcott au château de Puyguiller.

Timothée Croisan-Cécina

Solide formation

Ce savoir-faire, Jessica Hickman-Woolcott l’a acquis au sein de la Kingham Jewellery School, école de bijoux située au nord-ouest d’Oxford, de 2012 à 2015. Dans la foulée, elle suit un stage jusqu’en 2016 à The Guild of Handicraft, atelier d’argenterie très réputé en Angleterre, et revient la même année comme professeur dans son ancienne école jusqu’en 2019.

L’atelier pourra accueillir six élèves maximum par session.

L’atelier pourra accueillir six élèves maximum par session.

Timothée Croisan-Cécina

Les futurs élèves de Jessica Hickman-Woolcott seront aussi bien « débutants qu’expérimentés ». Des néophytes qui découvriront « comment travailler l’argent grâce à plusieurs techniques comme la soudure en utilisant la pierre de cabochon pour fabriquer différents types de bagues, des pendentifs ou encore des bracelets ». Les élèves plus chevronnés réaliseront la « tête », appelée chaton, qui accueille la pierre. Ils vont également « fabriquer un pendentif en émail, travailler l’argile argentée et auront l’opportunité de dessiner leurs modèles de bijoux. Les débutants suivront les différentes étapes du projet », précise l’artiste bijoutière.

Des cours qui se dérouleront trois heures par semaine, durant dix semaines. Jessica Hickman-Woolcott proposera également des sessions sur une journée ou une demi-journée.

« Je me sens plus européenne que britannique »

Jessica Hickman-Woolcott et son mari avaient l’idée « de venir vivre un jour en France ». Ce projet s’accélère après le référendum sur le Brexit voté en 2016 qui officialise la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne : « On voulait rester européens. Je voulais être en Europe où on peut se déplacer partout. Je me sens plus européenne que britannique », confie la jeune femme. Au cours de sa vie, Jessica Hickman-Woolcott a notamment vécu durant son adolescence, quatre ans en Espagne où elle a appris « l’espagnol et le portugais ».

Les élèves plus chevronnés réaliseront la « tête », appelée chaton, qui accueille la pierre.

Les élèves plus chevronnés réaliseront la « tête », appelée chaton, qui accueille la pierre.

Jessica Hickman-Woolcott

Le français, Jessica Hickman-Woolcott le pratique depuis deux ans : « Durant le confinement, c’était difficile pour sortir mais aujourd’hui, je dois faire plus et on a des voisins très sympas qui parlent doucement. J’aime apprendre les langues dans les livres mais il n’y a pas mieux que de parler avec les gens pour apprendre », explique en rigolant la trentenaire qui, par moments, a besoin d’utiliser l’application de traduction de son smartphone pour communiquer.

Coup de foudre immédiat

Concernant le choix de la région, Jessica Hickman-Woolcott explique qu’un « ami de mon mari nous a dit que la Charente, c’est super beau. Le temps est magnifique, mieux qu’en Angleterre », plaisante-t-elle. Après plusieurs visites, celle du château de Puyguiller, réalisée au printemps 2019, apparaît comme une évidence pour elle : « Quand j’ai vu cette maison, j’ai compris qu’elle était faite pour moi. » Le couple vend sa maison à « l’automne 2019 » et quitte le Royaume-Uni le 27 janvier 2020. Après avoir pris l’Eurostar, ils roulent « sept heures depuis Calais jusqu’à Puyguiller » au cours desquelles « l’agent immobilier préparait les papiers. On les a signés pendant le trajet. Durant cinquante kilomètres, nous étions sans maison. La première nuit, on a dormi sur le sol dans la petite maison avec une bouteille de vin et une pizza au four. C’était une expérience. »

« Quand j’ai vu cette maison, j’ai compris qu’elle était faite pour moi »

Jessica Hickman-Woolcott estime que son nouveau cadre de vie est un « endroit tranquille où l’on peut réfléchir ». Un lieu abritant une végétation qui l’inspire : « J’ai préparé les dessins qui serviront de modèles aux futurs élèves à partir des feuilles ou de l’écorce des arbres, les glands des chênes. Des plantes pourront directement être placées dans un moule pour être reproduites ». Et d’ajouter : « Je vais proposer une expérience de promenade dans les jardins du château et on va se servir des fleurs comme modèle pour réaliser les bijoux. »