Charente-Maritime et Deux-Sèvres : une mobilisation d’une ampleur inédite contre les bassines

« L’affrontement » tant redouté par les autorités n’a pas été plus loin. Partie du village de La Rochénard, la nouvelle mobilisation des opposants au vaste programme de réserves d’eau, d’une ampleur inédite (6 000 personnes selon les organisateurs, 5 000 selon la gendarmerie), s’est déroulée dans une ambiance plus festive qu’agressive.

L’intervention des gendarmes, en plein champ.

L’intervention des gendarmes, en plein champ.

Jean-Christophe Sounalet/ « Sud Ouest »

Bien sûr, des dégradations ont été commises, des « actes de désobéissance civile » assumés par leurs auteurs. Après avoir symboliquement représenté les dimensions d’une réserve d’eau de 7 hectares, pour une capacité de 220 000 m³, sur l’emplacement même où elle est prévue d’être creusée, les manifestants ont démonté à coups de pelles et de pioches le réseau de tuyaux qui doit l’alimenter. Du blé et d’autres plants ont aussi été foulés par des milliers de pieds. Des plaintes seront déposées. Mais l’impressionnant dispositif de forces de l’ordre mis en place – aucun chiffre n’a été communiqué à la presse – dans les Deux-Sèvres et en Charente-Maritime, les grands axes routiers fermés par arrêté préfectoral, les barrages de gendarmerie à chaque carrefour en rase campagne avec fouille des véhicules, les deux hélicoptères tournant en permanence au-dessus de la manifestation, semblait sur le coup disproportionné.

Les manifestants se sont relayés pour déterrer des tuyaux du réseau d’irrigation.

Les manifestants se sont relayés pour déterrer des tuyaux du réseau d’irrigation.

Jean-Christophe Sounalet/ « Sud Ouest »

« Printemps maraîchin »

Il n’a pas empêché une dizaine de tracteurs, après bien des détours sur les routes et les chemins, de rejoindre le cortège. De nombreux agriculteurs, dont une importante délégation de la Confédération paysanne, ont d’ailleurs participé au « Printemps maraîchin », nom donné au rassemblement à La Rochénard durant trois jours.

Porte-parole national du syndicat, Nicolas Girod a dénoncé l’usage des « méga bassines » qui « assèchent les cours d’eau » et appelé à « adapter le modèle agricole à la ressource, et pas le contraire ».

Dans le même temps, 200 agriculteurs de la Coordination rurale ont défilé à Cramchaban (Charente-Maritime) pour soutenir les projets de bassines. Le débat est loin d’être clos.

« Il y a déjà des problèmes de qualité de l’eau, demain, il y aura des problèmes de quantité »

Du côté des « anti », en milieu de journée, face à une foule venue de toute la France, les prises de parole des représentants des associations, syndicats et formations politiques associés à la mobilisation (SUD, CGT, LFI, EELV, Soulèvements de la terre, etc.) se sont succédé. Des militants espagnols ont même témoigné des problèmes de sécheresse le long de l’Èbre.