Charente-Maritime et Deux-Sèvres : deux modèles agricoles opposés sur le débat des bassines

Plusieurs cars d’agriculteurs sont partis la veille d’Occitanie, du Centre, des Pyrénées-Atlantiques et d’autres régions en France pour participer, samedi 26 mars, au « Printemps maraîchin » à La Rochénard (Deux-Sèvres) contre les projets de bassines. « Ce n’est pas vrai qu’il n’y a personne de la Conf’ dans le département, on est 150, corrigeait Didier, un éleveur de Saint-Maixent-l’École (79). C’est juste que, dans ce secteur, il n’y a que des gros céréaliers. »

Pour Julien Le Guet, le porte-parole du collectif Bassines non merci !, l’un des plus grands succès de la journée, autant que le nombre inédit de manifestants, était qu’une dizaine de tracteurs aient réussi à rejoindre le cortège. Un « symbole fort » démontrant que l’opposition aux bassines ne cible pas les agriculteurs mais un « modèle agricole productiviste » dénoncé par d’autres agriculteurs eux-mêmes.

« Un rassemblement pacifiste »

À quelques kilomètres de là, 200 à 250 personnes se sont réunis à la bassine de Pouillac, à Cramchaban en Charente-Maritime, sur la propriété de Thierry Boucard, pour défendre le lieu en cas de venue des opposants. Le 6 novembre 2021, une bassine avait été partiellement détruite. Des dégradations évaluées à « 350 000 euros sans compensation », s’indignait, samedi, Frank Olivier, président de la Coordination rurale de la Charente. « Nous ne pouvons pas supporter et accepter que des gens viennent détruire les biens des agriculteurs sans être inquiétés. »

Thierry Boucard, agriculteur et président de la Coordination rurale en Charente-Maritime.

Thierry Boucard, agriculteur et président de la Coordination rurale en Charente-Maritime.

Frédéric Aitsiali