Charente : les chaudronniers, une denrée rare que les entreprises s’arrachent

Car sur le marché de production des alambics charentais, ce savoir-faire est extrêmement convoité. Et les artisans qualifiés s’arrachent. « Actuellement, nous sommes sur une moyenne de 80 postes à pourvoir chaque année », détaille Jérôme Sourisseau, président de Grand Cognac. Pierre-Etienne Brethenoux abonde dans ce sens : « Nous venons tout juste de recruter un chaudronnier tuyauteur. Le poste était à pourvoir depuis un an… »

Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, était en visite à l’entreprise de chaudronnerie artisanale Satif, située à Salles-d’Angles, ce jeudi 7 avril.

Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, était en visite à l’entreprise de chaudronnerie artisanale Satif, située à Salles-d’Angles, ce jeudi 7 avril.

C. S.

Formation assurée en interne

La main-d’œuvre manque cruellement. Notamment dans cette société 100 % artisanale labellisée entreprise du patrimoine vivant par l’État en 2020. La faute, entre autres, au fait que la formation de chaudronnier cuivre n’existe plus du tout en Charente. Le dernier apprenti du département a été diplômé il y a plus de cinquante ans… Ce fameux apprenti, dernier représentant de son espèce, n’est autre que Marcel Géron, élu maire de Salles-d’Angles il y a peu.

« Actuellement, nous sommes sur une moyenne de 80 postes à pourvoir chaque année »

Depuis 1968, la formation des chaudronniers se fait donc en interne. Les anciens transmettant leur savoir aux nouvelles recrues. « J’ai formé tous mes gars et maintenant on se les arrache », confirme Marcel Géron, fondateur de la société concurrente MGS. Il a, pour sa part, raccroché le chalumeau il y a seulement trois ans.

Marcel Géron, actuel maire de la commune de Salles-d’Angles, est le dernier chaudronnier diplômé de Charente. Il a décroché sa qualification en 1968.

Marcel Géron, actuel maire de la commune de Salles-d’Angles, est le dernier chaudronnier diplômé de Charente. Il a décroché sa qualification en 1968.

C. S.

Une école et deux cursus d’ici 2023

« On arrive à un stade où on aurait besoin de s’agrandir, continue François Brethenoux. Mais l’entreprise plafonne car on est obligé de renoncer, faute de main-d’œuvre, de formation… » A ces effectifs en flux tendu s’ajoutent les délais d’approvisionnement « passés de 15 semaines en moyenne avant la crise à un an ». La hausse du coût des matières premières également, notamment pour ce qui est du cuivre : « La tonne est quant à elle passée de 5 000 euros à 11 000 cette année », déplore le cogérant.