Carburants : une station-service municipale qui fait toujours figure d’exception dans le paysage lot-et-garonnais

L’idée est venue du maire de l’époque. « L’épicier était parti à la retraite. Et il avait une pompe », se souvient Guy Victor, désormais premier adjoint. « Nous avons créé un budget annexe pour construire la station, accolée à un multiservice. » Au démarrage, la municipalité faisait venir une citerne de 33 000 litres par mois. « C’était un vrai manque, qu’on avait comblé. »

Pas de bénéfice

Autrefois tenue par la gérante du multiservice avec des trésoreries séparées, la station est aujourd’hui automatisée. Mais la philosophie de départ, celle d’apporter ce service public en milieu rural, est restée intacte. Même si les volumes ont baissé de presque deux tiers, en raison entre autres de l’installation d’un Carrefour Contact à Laroque-Timbaut voisine de quelques kilomètres, la municipalité continue à acheter du carburant qu’elle revend à prix coûtant, plus 5 centimes. Le delta sert à payer la maintenance annuelle (8 000 euros), les frais de terminal de paiement, l’électricité, etc.

« Avec ce marché trop fluctuant, on ne peut pas se permettre de commander de grandes quantités. Du carburant trop cher nous resterait sur les bras »

Avec la flambée des prix du carburant, les chiffres s’affolent sur l’écran. Vendredi 11 mars, le gasoil était à 2,27 € le litre, le SP95 à 1,90 €. À Laroque, le premier était à 2,199 €, le second à… 2,135 €. « On achète notre carburant en petites quantités, explique Jean-Marie Lafosse, le maire. Si les prix montent après notre achat, nous serons moins chers que les supermarchés. S’ils baissent, forcément, nous seront plus chers. Avec ce marché trop fluctuant, on ne peut pas se permettre de commander de grandes quantités. Du carburant trop cher nous resterait sur les bras. » L’essence, ce jour-là, était donc au-dessous de ce qu’affichaient les grandes surfaces. La raison : les moteurs diesel sont majoritaires en campagne, et la cuve de sans-plomb n’a pas eu besoin d’être réapprovisionnée après la brusque hausse.

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