BTP : Pour ses 40 ans, l’entreprise girondine Dal’Alu continue d’étoffer son réseau dans un contexte difficile

Comme ce matériau offre beaucoup plus de souplesse que le zinc ou le PVC, traditionnellement utilisés jusqu’alors, ils ont l’idée de confectionner des gouttières sur mesure adaptées à la maison ou à l’immeuble, directement sur le chantier, grâce à des camions-ateliers. Ce concept décliné en franchises dans toute la France fait le succès de l’entreprise, qui a même un temps été cotée en bourse à la fin des années 1990. Si Françoise et Jean-Pierre ont depuis passé la main, la famille reste aux manettes, puisque c’est leur fils Jean-Baptiste qui dirige la holding du groupe. Bernard Houtin, le PDG de Dal’Alu assure, lui, la gestion quotidienne de la société.

Jeu de pliages

Installée à Saint-Médard-d’Eyrans, au sud de Bordeaux, Dal’Alu a réuni sur un même site, qui occupe 23 000 mètres carrés, son siège, son centre de formation, ses ateliers de traitement de la matière première et son site logistique.

La machine la plus utilisée dans l’entreprise, celle qui fait sa spécificité, est une profileuse. Elle avale l’aluminium qui arrive en bobine. Petit à petit pour éviter la casse, la feuille de métal plate prend forme et à la sortie, elle est devenue gouttière ou tuyau. Et comme l’alu ne se soude pas, c’est le jeu de pliages effectué par la machine qui va assurer le maintien de la pièce et son étanchéité.

Le coup de génie des fondateurs de Dal’Alu est d’avoir imaginé un système pour embarquer ces profileuses dans un fourgon. Équipées de roulettes, elles se chargent et se déchargent facilement ce qui permet de changer d’équipement selon les besoins du chantier.

Haut de gamme et communication efficace

Chaque franchisé possède au moins un camion siglé aux couleurs de l’entreprise, avec le slogan qui a redonné de la visibilité à la marque en 2018 : « Demandez-nous l’alu ». Car Dal’Alu, a aussi tout compris en matière de communication. Et si les clients ne peuvent pas acheter directement de gouttières, ils sont prescripteurs auprès des artisans, maîtres d’œuvre ou architectes.

Positionnée sur le haut de gamme, la société mise aussi sur la couleur quitte à surprendre avec des teintes audacieuses pour se distinguer de ses concurrents. Elle représente aujourd’hui plus de 25 % du marché de la gouttière en alu et 9 % du marché global de la zinguerie de toiture.

Le réseau compte 150 franchisés pour environ 600 collaborateurs. Ce sont tous des artisans à la tête de petites entreprises de deux à 30 salariés. Parmi eux, près de la moitié est en reconversion professionnelle. « Ce sont souvent des cadres, issus de l’industrie ou avec un profil de gestion-commerce, et qui choisissent Dal’Alu pour se lancer dans l’entrepreneuriat », précise Bernard Houtin.

Le site de Dal’Alu occupe 23 000 mètres carrés de locaux à Saint-Médard-d’Eyrans.

Le site de Dal’Alu occupe 23 000 mètres carrés de locaux à Saint-Médard-d’Eyrans.

Stéphane Lartigue/»SUD OUEST »

Comme c’est le cas dans toutes les franchises et pour garantir une qualité constante à ses clients, Dal’Alu garde la main sur de nombreux postes. Elle fournit bien sûr la matière première, l’aluminium, en bobines ou façonné à la demande si besoin.

Des camions partent chaque jour de l’entrepôt pour assurer à tout franchisé, qu’il soit dans le Nord ou en Bretagne, une livraison dans les quarante-huit heures. Dal’Alu équipe également les artisans avec ses profileuses qui façonnent et découpent les gouttières. Et un centre de formation, Alucampus, forme les entrepreneurs aux techniques particulières du travail de l’aluminium mais apporte aussi des réponses sur la gestion, le management, la communication.

« Faire perdurer l’entreprise »

Malgré des prévisions d’ouverture de nouvelles franchises, notamment en Île-de-France où la marque est encore peu présente, Dal’Alu est confronté comme toutes les entreprises du secteur à une conjoncture difficile. Le prix à l’achat de sa principale matière première, l’aluminium, a doublé, mais l’entreprise n’a répercuté la hausse qu’à hauteur de 25 % auprès de ses franchisés pour leur laisser une marge de manœuvre.