Bordeaux : visite d’huissier controversée au squat La Mine, la mairie répond

Problème : cet édifice, un ancien logement de fonction pour enseignants était voué à la destruction, dès avant son occupation sans droit ni titre. Lundi 2 mai, il a reçu la visite d’un huissier de justice, accompagné de deux policiers et d’un serrurier, pour une opération de recensement en vue d’une expulsion.

« C’est un coup de pression, la méthode est dégueulasse. Il aurait suffi de me contacter », regrette Morti. « Certaines familles sont sous le coup d’une obligation de quitter le territoire. Des mères ont pris peur à la vue des policiers, les enfants se sont mis à pleurer… Cela a créé un mouvement de panique qui a gâché cette journée de fête du Ramadan pour les résidents musulmans. »

Sur les réseaux sociaux, l’opération a suscité une vive émotion, et des commentaires mettant en cause la Ville en des termes très durs.

La municipalité assure au contraire avoir été bien arrangeante depuis deux ans. « Ce local doit être détruit afin de pouvoir aménager une voie de circulation dans la rue du Dr-Schweitzer, qui en a besoin », rappelle Bernard Blanc, maire adjoint du quartier.

Selon l’élu, la mairie a fait preuve de bienveillance. D’abord « en remettant l’eau et l’électricité à l’automne 2020 ». Et aussi « en laissant le temps à l’association de trouver une solution de repli ». Pour autant, il estime que les conditions de vie à La Mine sont « d’une insalubrité manifeste ». Mentionne des plaintes des voisins. Et regrette la dégradation du dialogue. « Au début, cela se passait bien. Mais on a constaté que quand des familles étaient relogées, y compris par la mairie, il s’en installait de nouvelles. »

Le squat La Mine, petit immeuble entre une barre d’immeubles et l’école Schweitzer.

Le squat La Mine, petit immeuble entre une barre d’immeubles et l’école Schweitzer.

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