Bordeaux : une société d’aéronautique a organisé un job dating à bord d’un simulateur de vol

Spécialisée dans l’aéronautique, mais aussi le spatial, la défense et les technologies de l’information…

Spécialisée dans l’aéronautique, mais aussi le spatial, la défense et les technologies de l’information, cette société qui emploie 13 000 personnes dans le monde, dont 150 sur son site de Mérignac, ne manque pas d’idées. En décembre, elle avait organisé un job dating dans la cabine d’un Airbus A 350 à Toulouse. Mardi 5 avril, une trentaine de candidats avaient rendez-vous à l’hôtel Mercure Bordeaux Château Chartrons. Pas pour la formule classique d’un entretien en tête à tête, mais pour une prise de contact moins formelle.

Dépressurisation

Dans une salle les attendait un simulateur de vol. Ce cockpit d’A320 était reproduit à l’identique : le tableau de bord, les fauteuils et même le bruit des réacteurs. Les instructeurs, de vrais pilotes de ligne, étaient en uniforme. Aucune manœuvre, même hasardeuse, n’était éliminatoire, ce qui ne s’est d’ailleurs pas produit. Le but du jeu n’était pas de montrer ses aptitudes au pilotage. Les postulants, diplômés ou en voie de l’être, ne se destinent pas à cette profession. Pour ces futurs ingénieurs et développeurs, il s’agissait de s’informer sur SII tout en passant un moment agréable, ludique. Un grand moment même. Tous, en effet, sont des passionnés d’aviation.

Faire décoller un A 320 de Nice, même par écran interposé, cela ne se présente pas tous les jours. Le ciel était dégagé, la vue sur la mer et les montagnes au loin splendide. Le vol s’annonçait parfait. « Dépressurisation », annonce soudainement le moniteur. Dans le rôle du commandant de bord et du copilote, il y avait deux élèves d’Evering Bordeaux, anciennement IMA (Institut de maintenance aéronautique).

« Nous, pilotes de ligne, on va obligatoirement au simulateur quatre fois par an »

« Nous sommes redescendus à une altitude où les gens peuvent respirer », résume l’un d’eux, qui a déjà accompli, pour son plaisir, trente-cinq heures de vol sur des biplaces ou des quadriplaces. Exercice suivant : « On a un passager qui est malade, donc potentiellement inconscient ». À 20 000 pieds d’altitude, même virtuels, leur esprit analytique avait de quoi impressionner, leur calme aussi.

« Nous, pilotes de ligne, on va obligatoirement au simulateur quatre fois par an », indique Bertrand Nivard. La panne de moteur fait partie des cas de figure théoriques à répéter, « un moteur qui prend feu juste au moment du décollage par exemple ». Cet ancien pilote de Mirage F1 a accompagné le petit groupe durant tout l’après-midi. Un honneur. Pendant trois ans, il a appartenu à la Patrouille de France. Il en fut même le leader.

« Gestion de l’erreur »

Rien de tel qu’un exposé sur le « diamant », la formation de base de ces virtuoses, pour faire comprendre l’importance de la communication et des relations de confiance entre collègues. « On est séparés les uns les autres d’environ 3 mètres, a-t-il expliqué, film à l’appui. On vole à une vitesse entre 300 et 600 km/h. Pour tenir la patrouille serrée comme ça, il n’y a pas de pilote automatique, pas de radar, aucun système électronique. Ça se fait à vue. »

Un métier extrême, certes, mais dont les règles de fonctionnement peuvent trouver un écho dans n’importe quelle branche professionnelle : « Depuis trente ans, on travaille sur la gestion de l’erreur de manière complètement différente. Avant, il y avait plutôt des sanctions. Aujourd’hui, on incite les personnes à en parler, à les faire partager à l’ensemble du groupe, car on considère que ça diminue le nombre d’occurrences de ces erreurs. »

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Les autres ateliers avaient également comme fonction d’inviter à la discussion, d’échanger sur les 50 postes à pourvoir à Mérignac, bref, de mieux se connaître, sans stress aucun. Une équipe avait pour mission d’élaborer un plan de vol. D’autres construisaient un avion en Lego. Facile ? Peut-être, sauf quand on n’a pas le mode d’emploi sous les yeux. Cela se fait en binôme. L’un monte le jouet à l’aveugle, tandis que son partenaire, livret d’instructions en main, lui décrit avec précision l’imbrication des pièces. Essayez pour voir.