Bordeaux : une plateforme pour décrocher un emploi sans CV

Le duo, trentenaire, a eu cette idée après qu’un chef d’entreprise du bassin d’Arcachon leur a confié ses difficultés pour recruter. « Au départ, il cherchait juste quelqu’un de motivé, qui aime travailler à l’extérieur, habile de ses mains, explique Camille Berteau. C’est tout. Il a trouvé la bonne personne au hasard d’un BlaBlaCar, car aucun site d’emploi ne lui permettait de trouver quelqu’un à partir de ses appétences. On l’a donc créé. »

L’objectif de Parfaitpourcejob.com est de permettre aux entreprises ayant des difficultés de recrutement de trouver de nouveaux talents. Et aux candidats, de découvrir des métiers auxquels ils n’auraient jamais pensé. La particularité de cette plateforme est qu’elle est inversée. Les demandeurs d’emploi créent leur profil public (sans CV ni lettre de motivation), et les recruteurs les contactent.

Pratiquement, le candidat s’inscrit sur la plateforme, en cinq minutes. Il répond à un formulaire en ligne très simple : à quelle distance de son domicile il est prêt à travailler, s’il aime travailler seul, en équipe, s’il accepte de se former, le salaire espéré, s’il aime le travail manuel, ou prendre soin des gens, etc. Un questionnaire basé sur ses goûts et ses attentes à la manière d’un QCM. Une fois le profil envoyé, il est accessible à tous les recruteurs.

Camille Berteau et Miguel Munoz présentent des métiers sur leur chaîne Maintenant j’aime le lundi.

Camille Berteau et Miguel Munoz présentent des métiers sur leur chaîne Maintenant j’aime le lundi.

Parfaitpourcejob

Si l’entreprise cherche sur le site une personne qui veut travailler de ses mains, en équipe, à l’extérieur, elle coche ces cases. Et lui sont proposés des profils. « On modère toutes les annonces qui passent, précise Camille Berteau. On en compte 500 aujourd’hui. »

Côté candidats, Camille Berteau et Miguel Munoz en annoncent 7 000 sur toute la France, 2 000 en Nouvelle-Aquitaine. Et une centaine de recruteurs, dont La Banque populaire, Axa, Leroy Merlin, Crit, Adecco… Pour l’instant, ils sont bénévoles. « C’est le jeu, exposent-ils. Si cette plateforme est utile, elle va grossir, et on pourra le monétiser ».