Bordeaux : un urbaniste de renom va aider le collectif Amédée Sacré-Coeur

Le collectif entend défendre la préservation des résidences ICF Habitat qui longent la rue Amédée-Saint-Germain.

Le collectif entend défendre la préservation des résidences ICF Habitat qui longent la rue Amédée-Saint-Germain.

O. D.

Au fil du tour de table, les riverains ont pointé les effets d’une « concertation déficiente » de la part d’Euratlantique. « Les besoins et les demandes des habitants n’ont pas été entendus », selon Magali. Le projet de démolition du bâti existant (à l’exception de la cantine de la SNCF) pour laisser place à huit constructions verticales de 409 logements, des bureaux, et un espace vert réduit à 1,2 hectare ne passe pas.

« L’immeuble le plus haut va faire 11 étages devant un quartier d’échoppes centenaires. Quand on voit les réalisations autour de la gare, c’est hideux, écrasant, angoissant », lâche David. « Il n’y a eu aucune réflexion par rapport à la ville. Le projet est piloté de manière hors sol par des gens vivant ailleurs », relève Fanny. Tous estiment le modèle des grands projets de métropole d’un autre siècle. De plus, « les décideurs sont passés à côté d’un potentiel qui aurait permis d’accueillir des jeunes : foyer de jeunes travailleurs, logements étudiants, auberge de jeunesse », complète Edith.

Le collectif réclame la transformation de la halle en salle polyvalente.

Le collectif réclame la transformation de la halle en salle polyvalente.

O. D.

Un îlot de chaleur

Le collectif Amédée Sacré-Coeur entend porter une vision plus « respirable ». Une alternative qui sauve les quatre derniers arbres de la rue, défend la réhabilitation (et non la destruction) des logements sociaux des résidences ICF Habitat, préserve la halle aux arcades pour en faire un espace citoyen. Autre enjeu mis en avant : la création d’un parc digne de ce nom. « Quand il fait 38 °C à Caudéran, la température grimpe ici à 41 °C. Le quartier de la gare est trop minéral. L’été, tout le monde souffre », assure Magali. En outre, le parc et la halle faciliteraient la pratique sportive des élèves des écoles Fieffé-Francin. « Tous les espaces que les enfants pouvaient utiliser ont été lotis et dédiés à la construction immobilière. L’État, via Euratlantique, empêche la municipalité de répondre à ses obligations vis-à-vis de… l’État en matière de sport scolaire. C’est un vrai problème », expose Magali.

Le collectif Amédée Sacré-Coeur entend profiter des quelques semaines de réserve sur les grands projets d’État liées aux échéances électorales (présidentielle et législatives) pour avancer.

Périmètre

L’îlot Amédée Saint-Germain n’est pas le premier combat de Michel Cantal-Dupart. L’urbaniste s’est beaucoup battu professionnellement pour remettre en état les banlieues, protéger des terrains agricoles, respecter les fleuves, rivières et canaux. « À chaque fois, j’ai un peu fait bouger les choses », glisse-t-il. Aujourd’hui, son attention vise les petits territoires. Il ne découvre pas les acteurs politiques locaux. « Les maires Clément Rossignol et Pierre Hurmic connaissent ma détermination. »

Même si le projet de l’EPA Euratlantique est sacrément avancé sur le dernier espace, « ce n’est que du papier », plaide-t-il, estimant qu’il est (encore) possible de faire bouger les lignes. Même si des contrats ont été signés avec des entreprises. Et de citer l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes ou celui de la transformation de la Gare du Nord (StatioNord).