Bordeaux : le salon de l’Agriculture de Nouvelle-Aquitaine veut conforter sa poussée

« Nous avons pu remarquer que l’agriculture…

« Nous avons pu remarquer que l’agriculture intéressait de plus en plus nos concitoyens. » Résultat, cette année c’est sur les écrans et au parc des expositions que le salon déroulera ses nouveautés et ses rendez-vous : neuf jours d’Aquitanima, le salon de l’élevage des bovins et ovins et de la sélection génétique, contre trois habituellement. Autant pour le marché des producteurs généralement limité à quatre jours et un espace consacré aux métiers et aux pratiques agricoles AgorAgri. On retrouvera Équitaine sur la durée du salon avec 300 équins, le pôle gastronomie et vins avec sa cuisine, son comptoir des vins et sa boucherie qui mettront en valeur les produits de la Nouvelle-Aquitaine ainsi que moult représentants du monde agricole, des institutionnels et des acteurs de la transition agricole et énergétique.

Le Concours Bordeaux-Vins d’Aquitaine a lieu quelques jours en amont offrant aux médaillés, s’ils le souhaitent une vitrine sur le salon.

Le Concours Bordeaux-Vins d’Aquitaine a lieu quelques jours en amont offrant aux médaillés, s’ils le souhaitent une vitrine sur le salon.

Archives Guillaume Bonnaud/»Sud Ouest »

Un pari sur l’avenir

Et en amont, le Salon de l’agriculture régional propose, comme depuis plusieurs années, aux professionnels étrangers de venir découvrir les sélections de races, à même les exploitations, lors de l’Aquitanima Tour. Et nouveauté 2022, l’opération Chaussez vos bottes s’adresse à tous, au travers de rencontres et débats décentralisés dans des lycées agricoles de différents départements et via AgriWebTV.

En un mot, le salon version 2022 change de braquet, dans un contexte où l’alimentation, la flambée des matières premières, la rémunération des agriculteurs, la guerre aux pesticides chimiques sont au centre des préoccupations des Français. « Ce contexte et cet intérêt manifesté pour l’agriculture nous confortent pour tenter un pari sur l’avenir avec un salon ambitieux », souligne Dominique Graciet.

Il a donc fallu revoir le budget à la hausse. « De 20 % environ, de 2,2 à 2,5 millions d’euros. Un surplus qui n’est pas pour le moment financé par les recettes. Nous serons probablement en déficit. Mais le pari est de susciter encore plus d’intérêt chez le grand public, chez les professionnels et auprès de nouveaux partenaires. » Et ce alors que certains exposants, notamment la grande distribution, ont déclaré forfait pour cette édition. Mais du côté d’Aquitanima Tour (circuits des organismes de sélection), les affaires reprennent, avec 80 délégations, pour beaucoup en provenance de la péninsule ibérique.

Joël Sillac, éleveur de Bazadaises à Perquie (40).

Joël Sillac, éleveur de Bazadaises à Perquie (40).

Archives Sud Ouest

Retours sur investissement

Le salon a certes un coût, mais cet événement rapporte. Difficile d’évaluer ce retour en euros. On parle plus de « reconnaissance », de « renommée », de « prises de contacts », mais aussi un peu de business. « La manifestation a permis de vendre la génétique des races de Nouvelle-Aquitaine sur les cinq continents. Elle a participé, notamment, à sauver la race bazadaise qui était alors sous le coup d’un plan de sauvegarde », vante le président du salon. Joël Sillac, éleveur de Bazadaises à Perquie (40), ex-président de l’organisme de sélection de cette race bovine, est plus modeste dans l’analyse tout en reconnaissant qu’Aquitanima Tour a permis « d’exporter des Bazadaises dans des pays qui ne connaissaient de l’Aquitaine que la Blonde et la Limousine. Je pense à l’Espagne, l’Angleterre et l’Australie. Le salon a été un référent pour remonter l’effectif. » Un effectif évalué en France à 700 têtes dans les années 70, 1 500 dans les années 2000 et 4 500 aujourd’hui.

Côté produits et notamment les vins, le Concours de Bordeaux-Vins d’Aquitaine, organisé dans le cadre du salon même s’il a lieu quelques semaines en amont, apporte aussi aux producteurs médaillés un « plus ». Comme son père le faisait avant lui, Nicolas Solane, Château Crabitan-Bellevue, y participe comme viticulteur et comme jury. Cette année, il repart avec deux médailles d’or pour un sainte-croix-du-mont et un côtes-de-bordeaux. « Une reconnaissance pour notre travail et pour nos clients confortés dans leur choix. Il y a certains marchés, comme la grande distribution, qui sont friands de cette distinction : elle favorise la vente car elle attire le consommateur en offrant un gage de qualité reconnu par un jury. » On ne vend pas le produit plus cher, mais on le vend mieux…

www.salon-agriculture.fr, www.agriweb.tv